13 septembre 2008
Charleroi: les grotesques dénégations de Van Cauwenberghe
Enigme autour des preuves de paiement de Van Cau
Belga
Mis en ligne le 12/09/2008
Selon la RTBF et Le Vif L'Express, les preuves de paiement présentées jeudi par Jean-Philippe Mayence, l'avocat de l'homme d'affaires Robert Wagner, sont, actuellement, inconsistantes. Jean-Philippe Mayence, a montré, jeudi, des documents relatifs à des paiements effectués par lui-même et par son ami Jean-Claude Van Cauwenberghe concernant un voyage aux Iles Maldives. Des documents qui prouveraient que Wagner n'a pas offert de voyage à "Van Cau", Me Mayence insistant sur le fait qu'"on veut accréditer des corruptions et des complots qui n'existent pas du tout".
De leur côté, les médias font remarquer qu'il n'y a pas eu de conférence de presse. La RTBF a pu brièvement filmer des listings, sans les tenir en mains. Dans la matinée, ni Jean-Claude Van Cauwenberghe ni son avocat Pierre Chomé n'étaient manifestement au courant de la démarche. En fin de journée, ils ont fini par s'aligner. Les "preuves" en question seraient de simples mouvements de dépenses sur des comptes de la banque ING, effectués par la sprl Van Cauwenberghe-Lemal. N'y apparaîtraient ni destinataire, ni communication. Les extraits précis seront produits plus tard, a déclaré Me Chomé.
Toujours selon les médias, la vérité reconstituée par les avocats du duo Wagner/Van Cau évolue de jour en jour. Le vendredi 5 septembre, lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Van Cauwenberghe avait admis qu'il s'agissait d'un voyage effectué, en mars 2003, avec le couple Wagner. Le voyage avait été réservé "à la fin de 2002 ou au début de 2003", disait-il.
Dans les journaux, le même jour, l'ancien chef du gouvernement wallon avait laissé entendre que la réservation avait effectivement eu lieu dans le courant du mois de décembre. Or, les dépenses ING, présentées jeudi comme des preuves formelles, datent d'août 2002 et janvier 2003. Ce fameux voyage aurait donc été payé quatre mois avant sa réservation.
Enfin il y a cette lettre trouvée au domicile de Van Cauwenberghe, lors de perquisitions menées en juin dernier, une lettre dactylographiée et signée par Robert Wagner qui réclamait à son ami Van Cau le remboursement d'un voyage aux Maldives pour un montant de 17.000 euros.
La lettre remonte à 2005, sur base des affirmations du substitut du procureur du Roi, formel quant à la date reprise dans le procès verbal. La lettre ferait en outre explicitement référence aux affaires politico-financières qui ont débuté en septembre 2005. "Si ce voyage a bien été payé en 2002-2003, quel est le sens de cette lettre de rappel datant de 2005? La justice carolo devrait prochainement clarifier cette énigme", conclut le magazine.
12 septembre 2008
Charleroi: Van Cauwenberghe cherche à se blanchir
Van Cau dit avoir payé son voyage aux Maldives
Rédaction en ligne
jeudi 11 septembre 2008, 14:13
L'ancien bourgmestre de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, affirme pouvoir prouver qu'il a payé lui-même son voyage aux Maldives. Son avocat a présenté des extraits de compte qui en attesteraient.
L'avocat de Jean-Claude Van Cauwenberghe, Me Mayence, a présenté jeudi matin à la presse des extraits de compte tendant à prouver que l'ancien bourgmestre de Charleroi a payé lui-même son voyage aux Maldives, annonce la RTBF.
Les frais de voyage n'auraient donc pas été pris en charge par Robert Wagner, homme d'affaires et ami de l'ancien maïeur.
Selon Me Jean-Philippe Mayence, Robert Wagner aurait payé son voyage de son côté. La lettre qu'il a envoyée à son ami Jean-Claude Van Cauwenberghe, lui réclamant le remboursement de son voyage, résultait en fait d'un courrier de l'agence de voyage, qui réclamait elle-même son dû.
Une polémique était née suite à des perquisitions menées chez Jean-Claude Van Cauwenberghe. Des policiers avaient dénoncé la complaisance, selon eux, de la juge d'instruction Jacqueline De Mol. Les agents avaient fait état d'une lettre de Robert Wagner demandant le remboursement d'un voyage aux Maldives en 2002-2003 et datée de 2005. Le Procureur du Roi avait confirmé que cette lettre existait mais qu'elle n'avait pas été emportée lors de la perquisition.
Van Cau a également reconnu l'existence de la lettre mais indiqué qu'elle datait de 2003, ajoutant qu'elle avait trait à un paiement direct des frais et non pas à un remboursement à son ami Wagner.
(d’après Belga)
05 septembre 2008
Van Cauwenberghe, suite (La libre Belgique)
L'étrange perquisition
Philippe Mac Kay
Mis en ligne le 05/09/2008
Le 11 juin, visite chez Jean-Claude Van Cauwenberghe : la juge d'instruction a-t-elle ignoré des pièces ? Un rapport de onze pages, écrit par des enquêteurs et qui s'en prend au magistrat. Nouvel imbroglio.
A-t-on vraiment bâclé une perquisition le 11 juin dernier, à Charleroi, alors que la cible en était, en tant que témoin, Jean-Claude Van Cauwenberghe ? C'est ce qu'affirme un rapport établi par des enquêteurs de la police fédérale, visant la perquisition menée ce jour-là au domicile de l'ancien ministre-Président de la Région wallonne. En cause, entre autres éléments, un document que la juge d'instruction Jacqueline De Mol aurait délibérément choisi d'ignorer, affirme ce rapport, certes interne et confidentiel, mais que des fuites ont rendu public, ce qui suscitait hier un remous certain dans les couloirs du palais de justice de Charleroi, et jusqu'au parquet général de Mons.
Le 11 juin, une vague de perquisitions vise Jean-Claude Van Cauwenberghe. Premières du genre, elles concernaient le marché considéré comme suspect du hall des sports de Beaumont, supposé avoir été entaché d'irrégularités : le bourgmestre de Beaumont, Charles Dupuis, aurait été "prié" de choisir, pour sa construction clé sur porte, l'entrepreneur carolo Michel Vandezande, condition sine qua non à l'octroi de subsides accordés par la Région wallonne, alors présidée par Jean-Claude Van Cauwenberghe, proche ami de l'entrepreneur. Charles Dupuis s'en est défendu, tout comme Jean-Claude Van Cauwenberghe, mais l'affaire a été mise à l'instruction chez Jacqueline De Mol. D'où les perquisitions en rafale du 11 juin, à la recherche de documents permettant d'asseoir ces possibles irrégularités. La première d'entre elles, au domicile de Van Cau, n'aurait donc pas, selon ce rapport interne des enquêteurs, été menée avec toute l'ardeur voulue, la juge d'instruction laissant à tout le moins les choses aller, et montrant peu d'intérêt pour des pièces qui l'auraient mérité. Et d'épingler, entre autres, un courrier émanant de l'homme d'affaires Robert Wagner, adressé à Van Cau, et qui réclamait le remboursement de 17000 euros pour un voyage aux Maldives. La pièce, confondante selon ce rapport, aurait été écartée par le magistrat. De même, les enquêteurs se sont dits étonnés du temps laissé à Jean-Claude Van Cauwenberghe avant le début de la perquisition : trente-sept minutes durant lesquelles, seul avec la juge, il aurait laissé les policiers à l'extérieur de sa maison de maître du boulevard Joseph II. Le temps de "parlementer" avec Jacqueline De Mol.Pas de saisie, mais un PVLe même jour, une perquisition était menée au siège des Mutualités socialistes de Charleroi, dont Van Cau est le président, et dans son bureau parlementaire de Namur. Le rapport des enquêteurs, confidentiel et interne, semblait destiné à la seule hiérarchie. Parvenu à la presse, il n'a abouti qu'ensuite dans les mains du procureur du Roi, semble-t-il. Voilà pour la version policière des faits.
Elle est quelque peu différente, au-delà des nuances, selon ce qu'en a dit le procureur du Roi Christian De Valkeneer, et ce qu'en détaille Jean-Claude Van Cauwenberghe lui-même. Les "trente-sept minutes d'attente" ? Le temps de faire entrer la juge, deux représentants du barreau, un représentant des parlements communautaire et wallon, des présences exigées par la procédure en raison des activités professionnelles et politiques de Van Cau. La lettre ? Elle n'a pas été saisie, mais elle a fait, note Christian De Valkeneer, l'objet d'un procès-verbal, et pourrait donner lieu à des suites, dans un dossier ultérieur. Van Cau, lui, évoque un courrier relatif à un voyage d'agrément : à l'occasion des 40 ans de son épouse, ils sont partis, le couple Wagner et le sien, et c'est Robert Wagner qui avait réservé "lui-même ou par une agence à Paris, je ne sais plus..." Il devait donc lui rembourser sa quote-part, ce qu'il a fait, dit-il. En ajoutant que le voyage, le remboursement et sa preuve datent de 2002, bien avant les "affaires"...
04 septembre 2008
Van Cauwenberghe, suite
jeudi 04 septembre 2008, 16:14
Conflit ouvert entre la juge d’instruction Jacqueline Demol et les enquêteurs carolorégiens qui s’inquiètent du déroulement de la perquisition menée en juin chez Van Cauwenberghe, selon la RTBF et le Vif L’Express. Van Cau parle de « machination policière ». La juge d’instruction conserve la confiance de ses supérieurs.
Confiance renouvelée à la juge
Le procureur du Roi de Charleroi Christian De Valkeneer et le président du tribunal de Charleroi Jean-Pol Raynal ont expliqué qu'ils maintenaient et renouvelaient leur confiance dans la juge d'instruction Jacqueline De Mol.
Selon le Procureur du Roi et le Président du tribunal, le magistrat n'a commis aucune erreur, en s'en tenant aux limites de sa saisine et en respectant les règles de procédure.
Jean-Claude Van Cauwenberghe a déclaré qu'une machination policière s'orchestrait contre lui au journaliste de la RTBF ce jeudi matin.
La radio publique a révélé, jeudi matin, détenir un rapport de police adressé au Procureur du Roi de Charleroi faisant état des manquements du juge d'instruction Jacqueline Demol lors des perquisitions menées chez Jean-Claude Van Cauwenberghe.
Selon la RTBF, Jean-Claude Van Cauwenberghe compte consulter ses conseils ce jeudi suite à la diffusion par la radio publique du rapport des enquêteurs faisant état de manquements des devoirs d'enquête lors des perquisitions menées à son domicile au mois de juin.
Selon la radio publique, l'ancien bourgmestre de Charleroi estime qu'il s'agit d'une machination policière et d'un viol du secret professionnel. Jean-Claude Van Cauwenberghe estime intolérable le fait que des enquêteurs puissent critiquer une juge d'instruction.
Dans le rapport que les enquêteurs ont remis au Procureur du Roi, ceux-ci font mention d'une lettre trouvée derrière la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe et abandonnée sur place par la juge Jacqueline Demol alors que dans cette lettre, Robert Wagner, un homme d'affaires proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe, demanderait le remboursement d'un voyage que Jean-Claude Van Cauwenberghe a effectué aux Maldives et dont le coût est estimé à 17.000 euros.
D'après la radio La Première, l'ancien bourgmestre de Charleroi affirme que s'il a bien réalisé ce voyage, il l'aurait payé de sa poche.
Il conteste donc l'information et l'existence de la lettre. Il confirme, en revanche, la découverte d'un extrait de compte que la juge n'a pas saisi car elle estimait que le document n'avait aucun rapport avec l'enquête sur le marché public passé entre la commune de Beaumont et l'entrepreneur Michel Vandezande. Jean-Claude Van Cauwenberghe s'étonne de la diffusion de ce rapport dans la presse après son dépôt de plainte suite à ces perquisitions.
Enquêteurs éloignés
Ce rapport officiel, interne à la police fédérale de Charleroi et frappé du sceau de la confidentialité explique noir sur blanc le déroulement et l’ambiance particulière des perquisitions, les premières, menées le 11 juin dernier chez Jean-Claude Van Cauwenberghe. outre les deux documents dont il déjà été fait mention, une série d’obstacles sont venus perturber le bon déroulement de la perquisition, ajoute la RTBF. Les enquêteurs travaillaient dans le dossier du marché public passé entre la commune de Beaumont et l’entrepreneur Michel Vandezande. Alors qu’ils se trouvaient devant le domicile de Jean-Claude Van Cauwenberghe, les enquêteurs et la juge d’instruction se voient, dans un premier temps, refuser l’accès à la demeure de l’ancien bourgmestre. La RTBF, qui s’appuie sur un rapport des enquêteurs publié par Le Vif/L’Express, indique que la juge d’instruction parlemente ensuite, seule, dans la maison alors que les enquêteurs doivent patienter 37 minutes à l’extérieur.
Le rapport fait aussi état du va-et-vient de tous les occupants de la maison et des nombreux coups de téléphone. L’épouse de Jean-Claude Van Cauwenberghe aurait invectivé les enquêteurs sans susciter la moindre réaction de la juge d’instruction. Les enquêteurs font aussi état de propos de la juge d’instruction qui aurait avoué à Jean-Claude Van Cauwenberghe que la perquisition était effectuée au mépris des instructions.
Documents ignorés
Les enquêteurs mettront, malgré tout, la main sur une lettre de l’homme d’affaires Robert Wagner, trouvée derrière la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Dans cette missive, l’ami proche de l’ancien bourgmestre de Charleroi, demande le remboursement d’un voyage aux Maldives estimé à 17.000 euros. Selon le rapport, la juge d’instruction, Jacqueline Demol, aurait refusé la saisie de cette lettre et de certains extraits de compte en motivant sa décision car, selon elle, ces documents ne concerneraient pas l’enquête en cours. Le document est donc laissé à sa place.
Les enquêteurs, mécontents du déroulement de l’opération de perquisitions, ont alors décidé de rédiger un rapport de onze pages afin de dénoncer les faits au Procureur du Roi Christian de Valkeneer et France Backeland, la juge d’instruction en charge des dossiers relatifs aux affaires politico-judiciaires carolorégiennes.
(D’après Belga)
Charleroi: Wagner et Van Cauwenberghe, une amitié fructueuse
Charleroi - Une nouvelle "affaire"
Wagner a-t-il "blanchi" de l'argent ?
Philippe Mac Kay
Mis en ligne le 04/09/2008
Déjà plusieurs fois cité, le financier carolo a été perquisitionné. La Justice s'intéresse à son parcours, du transporteur à l'homme d'affaires.
Robert Wagner commencerait-il à sentir le soufre ? La dernière en date des instructions ouvertes dans ce qu'il est convenu d'appeler les "affaires" le concerne directement, à titre personnel ou en raison des finances qu'il brasse depuis près de vingt ans. Comment est-il passé du stade de patron d'une firme de transports à celui de tête de pont d'une holding cotée en Bourse, via des entreprises qui paraissent avoir bénéficié de quelques solides appuis ? C'est la question que paraît se poser la Justice à Charleroi. Une instruction a été ouverte pour des faits de blanchiment d'argent, sans lien apparent avec les "affaires" déjà en cours, qu'elles soient politiques ou politico-judiciaires, même si la juge Baeckeland s'en charge.
Mardi, les bureaux de la holding Wagner, abrités sous divers panonceaux dans le zoning de l'aéropôle de Gosselies, ont été perquisitionnés, et plusieurs dizaines de cartons emportés, ainsi que des ordinateurs. C'est un nouveau dossier, et une instruction ouverte sur une série de questions. Comment Robert Wagner a-t-il pu passer, en quelques années, du stade de patron d'une firme de transporteurs internationaux, vendue à des Hollandais puis mise en faillite, à celui de magnat de la finance régionale, à la tête d'une holding cotée en Bourse ? Avec quels appuis, et en s'entourant de quels noms ? C'est ce que va tenter d'élucider l'instruction judiciaire.
Le nom de Robert Wagner a, ces dernières années, souvent résonné comme en écho à celui de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Ils se flattent réciproquement d'être des amis, et les réussites de l'un semblent bien s'appuyer sur les pouvoirs de l'autre. Ainsi de "City Nord", cette bande de terrain de Gosselies, promise à des fins industrielles et devenue commerciale par le biais d'une modification du plan de secteur heureuse et rapide. Ainsi de la zone consacrée à l'aéropôle, dont le même Wagner a su détecter l'avenir prometteur, alors que "Van Cau" était président de l'intercommunale qui allait en transformer la vocation. Ainsi, de cette villa acquise à des conditions avantageuses par Jean-Claude Van Cauwenberghe, dans le Midi de la France et non loin de chez Wagner : c'est un fondateur de l'empire Wagner qui la lui a vendue.
Jusque-là, aucune procédure judiciaire n'a entaché ces heureux hasards. En revanche, Robert Wagner a été inculpé de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal relatif à l'octroi de subventions, et corruption active, pour n'avoir pas remboursé les 855 000 € de subventions perçues pour des emplois jamais créés. Il a été renvoyé en correctionnelle. Enfin, en janvier 2007, il a été question de "Warehouse Estates Belgium", cette holding qui gère ses biens immobiliers dans "City Nord", sur l'aéropôle, et au coeur de Charleroi. Une transaction fiscale n'a pas signifié un arrêt de possibles poursuites pénales. Ce "vieux" dossier va-t-il remonter à la surface et relancer le faisceau d'amitiés anciennes et profitables ? On n'en est pas là. Le parquet de Charleroi dit ne viser actuellement que la seule holding Wagner, ses biens et leurs origines. Il n'est pas interdit de penser qu'on puisse pourtant se pencher sur leurs attaches politiques. Une fois de plus, dira-t-on.