Wallonie-France

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12 septembre 2008

Vers une constitution flamande?

Kris Peeters voudrait une constitution flamande

BELGA

Mis en ligne le 11/09/2008

S'il considère que cette constitution ne signifierait pas une déclaration d'indépendance, il concède toutefois qu'elle pousserait le gros des compétences vers les entités.

Le ministre-président flamand Kris Peeters est d'avis que le parlement flamand devrait élaborer une "Constitution pour l'entité Flandre". Il ne s'agirait nullement d'un document destiné à appeler à l'indépendance mais il devrait traduire les valeurs de base de la société et une vision commune pour la Flandre, a-t-il précisé, participant jeudi à Bruges à un "atelier" consacré à la Flandre en action.

M. Peeters a notamment affirmé que la plupart des entités faisant partie de pays fédéraux ou confédéraux disposaient d'une constitution propre. En l'occurrence, celle-ci constituerait un instrument idéal pour exprimer l'attachement des Flamands à leurs valeurs sociales et libertés fondamentales, a-t-il dit.

S'il considère que cette constitution ne signifierait pas une déclaration d'indépendance, il concède toutefois qu'elle pousserait le gros des compétences vers les entités, en celà compris les compétences fiscales et financières et qu'elle supposerait un état fédéral jouant un rôle subsidiaire et de soutien fort, au service des entités.

L'idée d'une constitution flamande n'est pas neuve: une Commission parlementaire spécifique a même été créée mais elle ne s'est plus réunie depuis plus de deux ans. Plusieurs partis politique ont déjà déposé des propositions mais elles divergent profondément.



La Libre Belgique dévoile comment les Flamands branlent dans le manche

Café du commerce (à la flamande)

Martin Buxant

Mis en ligne le 12/09/2008

Comment le gouvernement flamand se déchire sur la question communautaire. L'axe violet isole le cartel, le CD&V ne tient la N-VA que par un fil... Ambiance.

En voilà un qui, à l'avenir, devrait économiser ses bons mots. Car, rayon "café du commerce" (© Kris Peeters), il apparaît que le gouvernement flamand n'a de leçon à recevoir de personne. Ainsi la réunion "urgente" qu'a tenue l'Exécutif flamand dans la nuit de mercredi à jeudi a-t-elle pris des allures de règlement de comptes flamando-flamand. Récit.

- Place des Martyrs, il est dans les 20 h 30, et le Premier flamand est devant ses ministres. Il veut se lancer dans une petite introduction. Mais, furieux, Frank Vandenbroucke (SP.A) ne lui en laisse pas le temps. "C'est à Geert Bourgeois de s'expliquer !", fulmine-t-il en désignant le ministre N-VA assis autour de la table. Vandenbroucke sait que Kris Peeters est allé faire un tour de piste devant les trois médiateurs, plus tôt dans la journée, et s'est laissé aller à un peu de musculation après avoir reçu un coup de fil de la N-VA. "Pas question, a chanté Kris Peeters, que la négociation se transforme en café du commerce". Ou que les francophones "alignent une équipe B" pour négocier.

- "C'est de ta faute tout ça ! , embraye Dirk Van Mechelen, le second vice-Premier flamand. Et cela doit cesser !", balance le libéral à l'adresse de Geert Bourgeois. Et puis, poursuit-il, "qui a dit que les francophones devaient encore répondre à ces questions ?". C'est que Kris Peeters a posé plusieurs nouvelles demandes aux médiateurs royaux, poussé dans le dos par la N-VA.

- Plusieurs heures durant, Geert Bourgeois est poussé dans ses derniers retranchements par l'axe violet du gouvernement : le SP.A et l'Open VLD. Kris Peeters, lui, se contente de quelques timides interventions pour venir soutenir son collègue de cartel. Les deux autres représentants du CD&V autour de la table (Hilde Crevits et Steven Vanackere) restent muets comme des carpes. Tous deux appartiennent à l'aile ACW du CD&V - une fraction qui ne porte guère les nationalistes flamands dans son coeur.

- Geert Bourgeois encaisse, reste d'un calme étonnant, et enfonce le clou : "le rapport des médiateurs doit correspondre aux revendications du gouvernement flamand", fait-il remarquer à ses collègues qui bondissent au plafond devant tant d'intransigeance.

- Une heure du matin, la réunion prend fin, Bourgeois rejoint son cabinet où l'attendent les cadres de la N-VA. Débriefing.

La scission entre libéraux et socialistes d'une part, et cartel CD&V/N-VA d'autre part est consommée. L'Open VLD a changé de direction et insiste pour que les avancées communautaires soient réalisées après les élections. "Ils savent très bien, résume un responsable du cartel, qu'ils ne peuvent pas gagner les élections sur le communautaire". Le SP.A emboîte le pas au VLD.

Quant au CD&V, il est (toujours) divisé entre une fraction désireuse de suivre la N-VA (dont Kris Peeters). Et les fidèles d'Yves Leterme, qui n'ont pas l'intention de quitter le navire fédéral pour cause d'insuffisance communautaire.

Ajoutez à cela que Groen! exige de participer aux négociations institutionnelles à venir... Tiens, M. Peeters, comment dites-vous "café du commerce" en Néerlandais ? Ah oui : "praatbarak".

11 septembre 2008

Le bateau des négociations tangue avant même d'avoir largué les amarres

Zizanie autour de Kris Peeters

DAVID COPPI ET MARTINE DUBUISSON

jeudi 11 septembre 2008, 07:05

Réunion extraordinaire mercredi soir au gouvernement flamand. On y a « éclairci » les choses et confirmé l’accord conclu vendredi passé à propos du dialogue interinstitutionnel selon lequel il appartient à chaque communauté de former une délégation. Kris Peeters, accusé de jouer cavalier seul, a été rappelé à l’ordre.

Une réunion pour « éclaircir » les choses

Le gouvernement flamand a confirmé, peu avant 1h, après une réunion extraordinaire, l’accord qu’il a conclu vendredi passé à propos du dialogue interinstitutionnel. Cet accord implique qu’il appartient à chaque communauté de former une délégation « crédible » qui participera à ce dialogue, indique un communiqué distribué à l’issue de la réunion.

Le gouvernement flamand attend maintenant les propositions des médiateurs royaux relatives à ce dialogue. Il les examinera en son sein, à l’aune de cet accord. En attendant, les ministres flamands ont convenu de s’abstenir de tout commentaire tant que leur exécutif ne se sera pas prononcé.

A l’issue de la réunion, seul M. Peeters s’est présenté devant la presse et s’est contenté de répéter ce qui se trouvait dans le communiqué.

Il n’a guère fait de commentaire, sinon qu’il ne s’estimait pas rappelé à l’ordre. « Il fallait éclaircir un certain nombre de choses et c’est ce qui s’est passé », a-t-il dit.

Belga

Mardi, l’optimisme régnait chez les médiateurs, chargés d’un rapport au Roi sur le futur dialogue institutionnel : les négociations semblaient enfin pouvoir démarrer. Mercredi, le pessimisme était de retour… La méfiance s’est réinstallée. Entre le Nord et le Sud, mais aussi dans chaque camp. Débouchant, dans les rangs flamands, sur une réunion de crise du gouvernement régional. Vers 22 heures, Kris Peeters a réuni ses partenaires de majorité, VLD, SP.a et N-VA, pour tenter de ressouder les rangs. A minuit passé, la réunion était toujours en cours.

A l’origine de cette rencontre impromptue, les déclarations du ministre-président flamand CD&V, après sa rencontre avec les médiateurs. Kris Peeters, pourtant adepte de la confidentialité, se confie aux journalistes ; il leur dit avoir insisté « sur la nécessité d’envoyer des délégations crédibles » au dialogue institutionnel. En d’autres termes, il craint que les francophones envoient des seconds couteaux. Une façon de ralentir les négociations… Voilà pourquoi Peeters se dit inquiet, redoutant que le processus ne tourne « aux conversations de comptoir », auxquelles il n’entend pas participer. Il veut donc des assurances. Des garanties, comme en réclamait la veille son alliée en cartel, la N-VA ?

Toujours est-il que ces déclarations, de la part de celui qui emmènera la délégation flamande au grand round communautaire, suscitent l’énervement de ses partenaires de majorité. Frank Vandenbroucke (SP.A) et Dirk Van Mechelen (Open VLD) exigent une réunion immédiate du gouvernement, estimant que Peeters a joué cavalier seul : « Le point de vue exprimé par Kris Peeters n’a pas fait l’objet d’une concertation ». Ils veulent donc (re) définir « une position commune ». A son arrivée, Van Mechelen déclare d’ailleurs : « Vendredi, nous avons pris une position claire. Nous avions convenu que nous entamions le dialogue sur une page blanche, avec un agenda ouvert, et, aujourd’hui, je lis et j’entends des choses sur des garanties qui ne figurent pas dans notre déclaration. Ce n’est pas sérieux. » Le remplaçant de Leterme à la tête du débat communautaire déjà rappelé à l’ordre, ça part mal…

Côté francophone, la confiance à l’égard du Nord ne règne pas non plus. Il se murmure que les noms des négociateurs ne seraient rendus publics qu’après les congrès « à risque » de la N-VA du 21 septembre, et du CD&V, le 27. Motif ? Eviter d’offrir des arguments aux fauteurs de crise au Nord… A part ça, les plus cités sont : Moureaux pour le PS, Cheron à Ecolo, De Decker ou Maingain au MR, Antoine ou Milquet au CDH.

Et entre francophones, ce n’est pas non plus le beau fixe… Ainsi, mardi, relations-nous la saute d’humeur de Raymond Langendries, au Sénat, devant les présidents francophones. Mini-polémique avec Joëlle Milquet ? Irritation à l’égard de certains traits d’ironie des présidents de parti vis-à-vis de la fonction de médiateur ? Une source soutient la première version. « Pure intox… », juge-t-on ailleurs. Et la confiance dans tout ça ?

Les médiateurs, eux, vont s’atteler à la rédaction de leur rapport définitif, qu’ils espèrent boucler en début de semaine prochaine.

05 septembre 2008

Le gouvernement flamand a préparé ses positions

La note Peeters à son kern : gratinée...

Pierre Gilissen

Mis en ligne le 05/09/2008

Kris Peeters soumet ce vendredi à ses ministres une note sur la réforme de l'Etat. Le ministre-Président flamand (CD&V) n'y va pas avec le dos de la cuiller.

Ce vendredi, pour son premier conseil de la rentrée, le gouvernement flamand parlera négociations communautaires. Cette semaine, Kris Peeters a donné dans la presse (voir ci-dessous) quelques signes d'ouverture, mais la note préparatoire d'une page et demie qu'il a soumise aux membres de son kern jeudi après-midi, et sur laquelle "La Libre" a eu l'occasion de jeter un oeil, semble d'un tout autre acabit. Elle est rédigée en six points :

1 Le principe de l'homogénéité du territoire de la Région flamande est réitéré : refus de toute extension de la Région bruxelloise, de toute modification des lois linguistiques, d'octroi de nouvelles facilités aux francophones, ainsi que d'éventuelles compétences de la Communauté française en Région flamande.

2Le gouvernement flamand met des conditions strictes à la discussion en vue de la réforme de l'Etat. Ce doit être un dialogue de Communauté à Communauté.

3Le dialogue doit être un dialogue paritaire d'Etat fédéré (Kris Peeters utilise le terme néerlandais "deelstaat") à Etat fédéré. Ce sont donc les gouvernements des deux grandes Communautés qui doivent désigner leurs représentants et qui doivent donner à ceux-ci un mandat clair et précis pour négocier la réforme de l'Etat. La note ajoute qu'il est "souhaitable" que les ministres fédéraux des Réformes institutionnelles soient invités à ce dialogue.

4Les partis de la majorité flamande s'engagent à respecter les résultats de ce dialogue et à les faire avaliser par le fédéral. Les partis du gouvernement flamand attendent le même engagement de la part de tous les autres partis qui prennent part à ce dialogue. Par contre, en ce qui concerne BHV, le gouvernement flamand estime, en conformité avec son accord gouvernemental, que la discussion et le vote final doivent avoir lieu au Parlement fédéral.

5Le gouvernement flamand estime que le dialogue de Communauté à Communauté doit définir l'agenda des discussions, et que le but de celles-ci doit être d'arriver à définir un maximum de compétences au niveau des "deelstaten". Le gouvernement flamand veut travailler avec un agenda ouvert et, dans cette optique, souhaite que l'on modifie l'article 195 de la Constitution afin de permettre des modifications de celle-ci sans déclaration de révision préalable. La réforme de l'Etat devra aboutir avant la fin de la législature (régionale, soit avant juin 2009 - NdlR) en cours.

6Tous ceux qui participeront au dialogue de Communauté à Communauté doivent s'engager à maintenir une stricte confidentialité autour des travaux.

Kris Peeters devrait demander encore aujourd'hui à tous les membres de son gouvernement de se mettre d'accord sur ce texte, un texte qui ne diffère guère de l'accord Thyssen/De Wever en sept points, signé au sein du cartel CD&V/N-VA le 31/7 dernier.

04 septembre 2008

Le tango des négociations communautaires commence

Le "Plan-Peeters" pour forcer une issue


Mis en ligne le 04/09/2008 à 11:52

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a un plan pour relancer les négociations communautaires: un représentant éminent pour Bruxelles lors du "dialogue institutionnel". Le terrain a déjà été tâté au sein du gouvernement flamand et auprès des présidents des partis francophones. Officiellement, les trois médiateurs royaux sont chargés de trouver pour la mi-septembre un moyen devant permettre de relancer les pourparlers communautaires mais en coulisses, Kris Peeters s'est lancé dans une "opération déblocage". Vendredi, il veut déjà déposer devant le conseil ministériel restreint du gouvernement flamand une note sur ce dossier et obtenir le feu vert pour poursuivre ses démarches. La préférence de Kris Peeters va à une structure de réflexion à deux représentants des Flamands et des francophones mais les deux groupes linguistiques seraient rejoints par un Bruxellois. Kris Peeters serait ainsi rejoint pendant les négociations par le ministre bruxellois Guy Vanhengel (Open Vld) et Rudy Demotte (PS) par le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS). En même temps, Kris Peeters tente de trouver un représentant pour le gouvernement fédéral. (NLE)

31 août 2008

Charles Picqué réagit aux propos de Peeters sur la réforme de l'Etat

Le ministre-président flamand Kris Peeters a répété samedi dans le quotidien Le Soir qu'il était prêt à représenter la Flandre dans un dialogue de communauté à communauté en vue d'une réforme de l'Etat, rappelant qu'à ses yeux la Région bruxelloise ne pouvait y être directement représentée, car elle constitue une entité « spécifique » voire « spéciale ».

Il s'agit à cet égard d'une « rupture du pacte entre les Belges », a indiqué dimanche le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, interrogé par l'agence BELGA.

« Les Bruxellois ont obtenu la reconnaissance de leur Région il y a maintenant vingt ans », a rappelé M. Picqué. « Le fait de ne pas vouloir associer Bruxelles aux discussions sur l'avenir des Belges, c'est faire montre d'un mépris qui devient totalement intolérable », a-t-il ajouté, soulignant que la proposition de M. Peeters visait « la négation d'un million de Belges pourtant intéressés par le sort qu'on entend leur réserver ».

Le ministre-président Picqué a par ailleurs indiqué que la prise de position de son alter ego flamand était aussi intolérable « pour les Flamands de Bruxelles ». Il constate à cet égard que la bonne entente qui caractérise le dialogue entre Wallons et Bruxellois n'est pas de mise entre institutions bruxelloise et flamande. Selon lui, cela s'explique par le fait que « d'un côté, on est traité d'égal à égal, de l'autre, on entend s'occuper des Bruxellois mais sans eux ».

(d'après Belga)

30 août 2008

Réforme de l'Etat: les grandes manoeuvres commencent

Une interview dans le Soir de Kris Peeters...

Peeters prêt à négocier la réforme

MARTINE VANDEMEULEBROUCKE ET VERONIQUE LAMQUIN

samedi 30 août 2008, 16:10

MAIS seulement avec Rudy Demotte. Dans un dialogue de Communauté à Communauté.

A.Dewez

ENTRETIEN

Son nom était abondamment cité, mi-juillet, pour relancer les négociations sur la réforme de l’Etat. A l’époque, Kris Peeters, ministre-président flamand (CD&V), n’avait pas dit non.

Etes-vous toujours prêt à jouer un rôle, et à quelles conditions ?

Avant les vacances, le Premier ministre a constaté qu’au niveau fédéral, il n’était plus possible de négocier la réforme de l’Etat. Je trouve intéressant que tous les partis le redisent.

Vous voulez négocier quoi ?

Avant les vacances, tout le monde était d’accord pour une grande réforme. La question, c’est de savoir ce qu’on entend par là. On peut énumérer : marché du travail, fiscalité, etc. Pour moi, une « grande réforme », ça veut dire que le centre de gravité est déplacé du fédéral aux entités fédérées. Je veux être sûr que tout le monde comprend la même chose.

Le dialogue de Communauté à Communauté, seule issue ?

Par le passé on a essayé des grand-messes qui ont toutes échoué… Pourquoi réussiraient-elles maintenant ?

Vous privilégiez un dialogue de ministres-présidents ?

L’essentiel, c’est que tout le monde ait le même mandat. Donc, si je participe au dialogue, c’est que j’aurai reçu un mandat en ce sens du gouvernement flamand et que j’ai en face de moi quelqu’un qui est mandaté par le gouvernement wallon. Qui ? Ce n’est pas moi qui dois le décider.

Et le fédéral ?

Il doit en être. Par exemple avec les ministres des réformes institutionnelles. Les accords devront être votés au Parlement fédéral. Les parlements des entités fédérées doivent aussi être impliqués.

Moyennant ces conditions, le dialogue peut aboutir ?

J’espère que tout le monde comprend que le dialogue, c’est la dernière carte dans notre jeu.

Chantage ?

Non ! Je ne veux pas faire de chantage. Mais c’est un moment unique pour mener un dialogue de Communauté à Communauté. S’il échoue, on aura gaspillé une occasion. Et que se passera-t-il alors ? Des élections ? Retour à la case fédérale ? Je ne sais pas. Je ne veux pas me montrer menaçant en disant : « Après ça, c’est le déluge ». Mais je ne sais pas s’il y a de meilleure formule ; s’il y en a, je ne les ai pas entendues. Et je n’ai pas non plus entendu ce qui peut se passer après un échec. Certains disent : alors on vote, en juin, pour le fédéral aussi. Ce serait une catastrophe, on aurait une radicalisation des positions. Après ces élections, il sera encore plus difficile de lancer un dialogue, encore plus difficile de constituer un gouvernement fédéral et encore plus difficile de discuter, au niveau fédéral, d’une réforme de l’Etat. Ce n’est pas du chantage, c’est regarder en face l’avenir.

Si vous négociez, c’est avec quel calendrier ?

Il faut donner du temps à la réforme de l’Etat ; il y a encore beaucoup de peurs, de méfiance… Bien sûr qu’on ne va pas tout résoudre en cinq minutes. D’autant que les attentes sont très importantes, côté flamand. N’attendez pas de moi des miracles : il faut du temps, une méthode, de la confiance. On doit aussi engranger des résultats progressivement, d’abord sur des dossiers de moindre importance.

Vous êtes prêt ?

J’ai reçu, à mon cabinet, de très nombreux experts. Sur les soins de santé, la loi de financement… Chaque semaine deux ou trois réunions. Je pense comprendre à quel point c’est difficile et complexe. Mais, si on ne le fait pas, nous allons droit dans le mur. Nous, c’est le fédéral et les autres entités. J’en suis convaincu mais ce n’est pas le cas de tout le monde en Wallonie. Il faut dépasser ça et, avant les élections de 2009, conclure des accords ponctuels qui instaurent la confiance.

Les régionales, c’est dans neuf mois… Vous espérez engranger des résultats institutionnels d’ici là ? Sinon, ne craignez-vous pas un revers électoral ?

Si je devais prendre en considération tous les risques, je ne le ferais pas ! Qu’est ce que j’ai à y gagner, moi, à titre personnel ? Je raisonne autrement : aujourd’hui, pour la première fois, on peut mener une grande réforme. C’est nouveau, exceptionnel et historique. On parle de l’avenir de onze millions de gens. On est à un moment où la population peut et doit attendre de la part des élus du courage politique. Moi, je suis prêt à prendre des risques. Personne ne peut plus soustraire à ses responsabilités. Je ne veux pas qu’on dise, dans quarante ans, qu’en 2008, il était possible de commencer un dialogue mais que nous n’avons pas osé parce que nous avons privilégié nos intérêts personnels.

Le congrès de la N-VA représente-t-il une vraie menace ?

Les choses doivent être éclaircies avant le 21 septembre. C’est la veille de ma déclaration gouvernementale. Je ne vais pas attendre le congrès de la N-VA pour regarder quelle est la situation au sein de mon gouvernement, où siège Geert Bourgeois (N-VA).

Si vous vous lancez, ce sera avec des assurances que la N-VA avalise le scénario…

Je verrai à quelles conditions le gouvernement flamand accepte de négocier. Faute de consensus, je ne peux rien faire. Si je peux négocier, ce sera avec l’accord de Geert Bourgeois.

Certaines initiatives flamandes (« Wooncode », non-nomination des bourgmestres) ne compliquent-elles pas d’emblée le dialogue ?

J’ai dépensé beaucoup de temps et d’énergie à essayer de comprendre la sensibilité francophone sur ces sujets. Je comprends qu’il y a des choses qui crispent. Des deux côtés : en Flandre, c’est le corridor (reliant Bruxelles et la Wallonie). Il faut surmonter les frustrations et l’énervement. Et, surtout, ne pas dire : « Il faut d’abord résoudre ces problèmes, puis discuter ». Chaque dossier a sa raison d’être et ce n’est que dans la confiance réciproque qu’on s’en sortira. D’ici là, il faut les geler.

Comment voyez-vous Bruxelles ?

A mes yeux, Bruxelles est une Région à la fois spécifique et spéciale, dans le sens positif du terme. Spéciale, parce que c’est la capitale de la Belgique, de la Flandre, de l’Europe. Et spéciale, aussi, parce que c’est une grande ville multiculturelle. J’espère que nous pourrons parler de l’avenir de Bruxelles. Qui peut du reste légitimement dire qu’elle a un problème de financement. Les transferts filent vers la Wallonie en passant au-dessus de la tête de Bruxelles, qui n’a pas son dû.

Bruxelles peut-elle être présente à la table des négociations ?

Nous n’excluons pas Bruxelles du dialogue. Dans l’accord de gouvernement flamand, on précise que la Belgique est constituée de deux entités fédérées, avec une approche spécifique pour Bruxelles et la communauté germanophone. Les francophones disent que Bruxelles est une Région comme la Wallonie ou la Flandre. Je trouve ça un peu étrange, car c’est notre capitale et c’est par définition un statut spécifique. Bruxelles a un potentiel énorme et nous devons l’aider à se développer. Bien sûr, cela concerne les Bruxellois mais aussi les Flamands et Wallons. Parce que c’est notre capitale. Les efforts en matière de financement, nous devons les faire ensemble. Et nous ne pouvons pas, avant même que le dialogue ne soit lancé, apporter une réponse à la question de son statut.

Mais pour les francophones, la présence de Bruxelles à la table, d’entrée de jeu, est essentielle…

Je n’ai pas de problème à impliquer Bruxelles surtout quand on discute de questions bruxelloises. Comme on le fera avec le fédéral. La vraie question, c’est comment et quand. C’est à cela que travaillent les médiateurs. Mais un dialogue de Communauté à Communauté, ça se fait à deux.

Quel statut devrait, selon vous, avoir Bruxelles ?

L’accord du gouvernement flamand précise que Bruxelles doit être une Ville-Région. Je pense que nous avons commis l’erreur, en Flandre, d’avoir des relations difficiles avec Bruxelles, de ne pas y investir assez. Par certaines positions, nous la poussons dans les bras de nos amis wallons. Or, il y a des Flamands qui vivent à Bruxelles. Il faut donc discuter, en toute transparence, dans la confiance, de l’avenir de Bruxelles. Et Bruxelles ne peut pas dire « donnez-nous de l’argent et c’est tout, pour le reste, ne vous mêlez pas de nos affaires ». C’est trop facile et ce n’est pas une attitude très positive.

La crainte du côté francophone, c’est que la Flandre rêve d’une cogestion de Bruxelles par les deux communautés. Fondée ?

Il y a des craintes des deux côtés : en Flandre, on a peur du corridor. On craint que Bruxelles soit annexée par la Wallonie. Pour que le dialogue soit un succès, il faut oublier les peurs et discuter. Pour le reste, je ne vais pas anticiper le débat.

Et la réponse de Didier Reynders

Reynders : « Que les Flamands nous lâchent les baskets »

Rédaction en ligne

samedi 30 août 2008, 15:41

Lors de l'Université d'été organisée par le MR bruxellois, le vice-Premier ministre et président du MR Didier Reynders répond aux dernières déclarations du ministre-président Kris Peeters à Bruxelles.

"Que les Flamands cessent de nous dire comment nous devons gérer Bruxelles. Qu'ils nous lâchent un peu les baskets", a lancé samedi le vice-Premier ministre et président du MR, Didier Reynders, à l'occasion de la première université d'été organisée par le MR Bruxelles. Il répondait ainsi aux dernières déclarations du ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) qui parle dans une interview au Soir de Bruxelles comme d'un "Région spéciale et spécifique".

"Pour nous, Bruxelles est une Région à part entière et pas entièrement à part", a dit M. Reynders. Et d'ajouter: "En tant que confédéraliste, que M. Peeters s'occupe de sa Région et qu'ils laisse aux autres le soin de gérer la leur. Qu'il continue à gérer sa merveilleuse Région mais qu'il cesse de nous dire comment nous devons gérer la nôtre. Qu'il nous lâche un peu les baskets".

M. Reynders a rappelé que son parti était ouvert à la négociation communautaire. "Nous sommes prêts à nous mettre à table mais dans une telle négociation il faut que chacun manifeste du respect pour l'autre", a-t-il ajouté.

Avant lui, la présidente des libéraux bruxellois Françoise Bertieaux avait qualifié les déclarations de M. Peeters de "réductrices". "Pour le dire comme les jeunes, il nous nie", a-t-elle dit.

M. Reynders a aussi été très ferme sur le dossier de l'immigration.

"J'entends certains dire qu'on est proche d'un accord. Ce n'est pas vrai. Il n'y aura pas d'accord si le résultat ne nous convient pas tout à fait et pour cela il faudra accepter de parler de l'immigration économique", a-t-il dit soulignant que sur ce point le MR est "sur la même longueur d'ondes" que l'Open Vld et le CD&V. "En attendant, a-t-il encore ajouté, il est faux de dire que le dossier n'est pas géré. "Il existe une législation qu'on applique et tous les jours il y a des régularisations, des refus et des expulsions".

"La question n'est pas de savoir si on régularise quelqu'un qui monte sur une grue ou quelqu'un dont l'avocat parle tous les jours à la radio ou à la TV. Le vrai débat que nous devons avoir aujourd'hui est celui de l'immigration économique.

Va-t-on continuer à fermer nos frontières à certains européens et veut-on que les Polonais continuent à être obligés de venir travailler chez nous clandestinement ou va-t-on enfin leur permettre de venir officiellement? Pourquoi ne pas ouvrir nos frontières pour les métiers en pénurie et permettre bien sûr à ceux qui sont déjà chez nous et qui peuvent travailler dans ces secteur de rester? ", a encore dit le président.

Le thème de cette première université d'été du MR bruxellois était "les conditions d'une croissance économique à Bruxelles".

"En parlant de la formation, de l'entreprenariat et de l'emploi des jeunes, vous avez remis au centre des préoccupations les vrais défis de l'avenir", a encore dit M. Reynders qui a répété les critiques de son parti à l'égard de la politique en matière d'enseignement et de formation en Communauté française et en Région bruxelloise. "Si l'Orbem avait été efficace on n'aurait pas changé son nom en Actiris", a-t-il dit.

A propos du travail des femmes, il a souligné qu'il fallait certes favoriser l'adéquation entre travail et vie familiale sans toutefois trop négliger le premier élément de cette équation. Pour lui, il faut être attentif à ce point. "Il faut aussi insister sur les contraintes du travail. Il y a une telle accumulation de possibilités de congé que certaines entreprises finissent par hésiter à engager une femme".

(d'après Belga)

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