Wallonie-France

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12 septembre 2008

Vers une constitution flamande?

Kris Peeters voudrait une constitution flamande

BELGA

Mis en ligne le 11/09/2008

S'il considère que cette constitution ne signifierait pas une déclaration d'indépendance, il concède toutefois qu'elle pousserait le gros des compétences vers les entités.

Le ministre-président flamand Kris Peeters est d'avis que le parlement flamand devrait élaborer une "Constitution pour l'entité Flandre". Il ne s'agirait nullement d'un document destiné à appeler à l'indépendance mais il devrait traduire les valeurs de base de la société et une vision commune pour la Flandre, a-t-il précisé, participant jeudi à Bruges à un "atelier" consacré à la Flandre en action.

M. Peeters a notamment affirmé que la plupart des entités faisant partie de pays fédéraux ou confédéraux disposaient d'une constitution propre. En l'occurrence, celle-ci constituerait un instrument idéal pour exprimer l'attachement des Flamands à leurs valeurs sociales et libertés fondamentales, a-t-il dit.

S'il considère que cette constitution ne signifierait pas une déclaration d'indépendance, il concède toutefois qu'elle pousserait le gros des compétences vers les entités, en celà compris les compétences fiscales et financières et qu'elle supposerait un état fédéral jouant un rôle subsidiaire et de soutien fort, au service des entités.

L'idée d'une constitution flamande n'est pas neuve: une Commission parlementaire spécifique a même été créée mais elle ne s'est plus réunie depuis plus de deux ans. Plusieurs partis politique ont déjà déposé des propositions mais elles divergent profondément.



La Libre Belgique dévoile comment les Flamands branlent dans le manche

Café du commerce (à la flamande)

Martin Buxant

Mis en ligne le 12/09/2008

Comment le gouvernement flamand se déchire sur la question communautaire. L'axe violet isole le cartel, le CD&V ne tient la N-VA que par un fil... Ambiance.

En voilà un qui, à l'avenir, devrait économiser ses bons mots. Car, rayon "café du commerce" (© Kris Peeters), il apparaît que le gouvernement flamand n'a de leçon à recevoir de personne. Ainsi la réunion "urgente" qu'a tenue l'Exécutif flamand dans la nuit de mercredi à jeudi a-t-elle pris des allures de règlement de comptes flamando-flamand. Récit.

- Place des Martyrs, il est dans les 20 h 30, et le Premier flamand est devant ses ministres. Il veut se lancer dans une petite introduction. Mais, furieux, Frank Vandenbroucke (SP.A) ne lui en laisse pas le temps. "C'est à Geert Bourgeois de s'expliquer !", fulmine-t-il en désignant le ministre N-VA assis autour de la table. Vandenbroucke sait que Kris Peeters est allé faire un tour de piste devant les trois médiateurs, plus tôt dans la journée, et s'est laissé aller à un peu de musculation après avoir reçu un coup de fil de la N-VA. "Pas question, a chanté Kris Peeters, que la négociation se transforme en café du commerce". Ou que les francophones "alignent une équipe B" pour négocier.

- "C'est de ta faute tout ça ! , embraye Dirk Van Mechelen, le second vice-Premier flamand. Et cela doit cesser !", balance le libéral à l'adresse de Geert Bourgeois. Et puis, poursuit-il, "qui a dit que les francophones devaient encore répondre à ces questions ?". C'est que Kris Peeters a posé plusieurs nouvelles demandes aux médiateurs royaux, poussé dans le dos par la N-VA.

- Plusieurs heures durant, Geert Bourgeois est poussé dans ses derniers retranchements par l'axe violet du gouvernement : le SP.A et l'Open VLD. Kris Peeters, lui, se contente de quelques timides interventions pour venir soutenir son collègue de cartel. Les deux autres représentants du CD&V autour de la table (Hilde Crevits et Steven Vanackere) restent muets comme des carpes. Tous deux appartiennent à l'aile ACW du CD&V - une fraction qui ne porte guère les nationalistes flamands dans son coeur.

- Geert Bourgeois encaisse, reste d'un calme étonnant, et enfonce le clou : "le rapport des médiateurs doit correspondre aux revendications du gouvernement flamand", fait-il remarquer à ses collègues qui bondissent au plafond devant tant d'intransigeance.

- Une heure du matin, la réunion prend fin, Bourgeois rejoint son cabinet où l'attendent les cadres de la N-VA. Débriefing.

La scission entre libéraux et socialistes d'une part, et cartel CD&V/N-VA d'autre part est consommée. L'Open VLD a changé de direction et insiste pour que les avancées communautaires soient réalisées après les élections. "Ils savent très bien, résume un responsable du cartel, qu'ils ne peuvent pas gagner les élections sur le communautaire". Le SP.A emboîte le pas au VLD.

Quant au CD&V, il est (toujours) divisé entre une fraction désireuse de suivre la N-VA (dont Kris Peeters). Et les fidèles d'Yves Leterme, qui n'ont pas l'intention de quitter le navire fédéral pour cause d'insuffisance communautaire.

Ajoutez à cela que Groen! exige de participer aux négociations institutionnelles à venir... Tiens, M. Peeters, comment dites-vous "café du commerce" en Néerlandais ? Ah oui : "praatbarak".

Le racisme du Vlaams Belang à l'oeuvre une nouvelle fois

Le Vlaams Belang dénonce l’islamisation de l’UE

Le parti flamand d'extrême droite Vlaams Belang a dénoncé jeudi à Bruxelles "l'islamisation de l'Europe" lors d'une manifestation qu'il avait organisée à l'occasion du septième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Une trentaine de manifestants, dont le leader du parti Filip Dewinter, s'étaient donné rendez-vous au pied du World Trade Center, un immeuble de bureaux portant le même nom que les tours jumelles détruites il y a sept ans à New York. En guise d'hommage aux victimes de ces attentats revendiqués par le réseau islamiste Al-Qaïda d'Ousama Ben Laden, les élus d'extrême droite ont déposé une rose devant le bâtiment. Le Vlaams Belang entendait par la même occasion dénoncer "l'islamisation de l'Europe", l'un des thèmes de prédilection de ce parti.

10 septembre 2008

Les soupçons de discrimination au logement en Flandre font tâche d'huile

Enquête sur les logements réservés aux Flamands

AFP

Mis en ligne le 10/09/2008

"La Commission a envoyé une lettre le 22 août pour demander des informations à propos d'un certain nombre de communes belges et des conditions qui encadrent l'accès au logement, à l'achat de terrain et l'accès au revenu minimum", a indiqué le porte-parole du commissaire à la Justice Jacques Barrot.

La Commission européenne a réclamé des "informations" aux autorités belges à la suite de plusieurs plaintes concernant les restrictions imposées par certaines communes belges qui réservent aux néerlandophones notamment des terrains et logements sociaux.

"La Commission a envoyé une lettre le 22 août (aux autorités belges) pour demander des informations à propos d'un certain nombre de communes belges et des conditions qui encadrent l'accès au logement, à l'achat de terrain et l'accès au revenu minimum", a indiqué mercredi Michele Cercone, porte-parole du commissaire à la Justice Jacques Barrot.

Il a précisé que la Commission avait agi sur la base d'un "un certain nombre de plaintes" reçue et sur les informations publiées dans les médias. "Nous attendons leur réponse et des détails de leur part", a-t-il continué, refusant de se prononcer à ce stade sur la conformité de ces règles avec les lois européennes. "Il est clair qu'il y a des dispositions législatives européennes qui empêchent les distriminations directes ou indirectes", a simplement noté Michele Cercone.

La municipalité de Zaventem, dans la banlieue flamande de la capitale belge, a la première soulevé un tollé chez les francophones en conditionnant la vente d'une soixantaine de terrains à bâtir à la connaissance du néerlandais par les acheteurs, ou au moins à leur engagement à l'apprendre.

Vilvorde, une autre ville flamande jouxtant Bruxelles (ville très majoritairement francophone), a de son côté réservé 15 logements sociaux à vendre aux seuls néerlandophones. Selon l'agence Belga, dans trois communes -dont Grammont, ville flamande proche de la frontière linguistique avec la Wallonie-, les agences municipales chargées de gérer les aides sociales imposent à leurs bénéficiaires d'apprendre le néerlandais.

La discrimination ethnique comme principe politique en Flandre

Rédaction en ligne

mercredi 10 septembre 2008, 16:48

Le parlementaire Luk Van Biesen (Open VLD), par ailleurs conseiller communal à Crainhem, demande au gouvernement flamand des mesures pour augmenter le nombre de néerlandophones dans les communes à facilités par le biais de la politique du logement. Tandis que la Commission enquête sur de possibles discriminations.

La présence des néerlandophones a en effet considérablement baissé et est tombée sous le seuil des 25 % dans certaines communes. 80 % des logements vendus sont acquis par des gens ne s’exprimant pas en néerlandais.

Le député plaide notamment pour une politique de discrimination positive en faveur des familles néerlandophones dans l’allocation d’appartements sociaux et dans la vente de terrains à bâtir. Une prime au logement pour les fonctionnaires flamands qui s’établissent dans la périphérie flamande est aussi souhaitable, estime M. Van Biesen.

Si la Flandre veut conserver cette « région frontalière », des investissements urgents sont nécessaires car le nombre de néerlandophones est à nouveau tombé sous un niveau critique. « Des mesures précises sont nécessaires dans la périphérie flamande. Maintenir ces mesures dans un cadre international et légal n’est pas évident, au vu des nombreuses remarques européennes à l’égard des initiatives communales prises dans la périphérie flamande », constate le député.

(Belga)

Le Vlaams Belang et l'Islam

11 septembre : manif interdite, le Vlaams Belang en appel

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles a officiellement interdit la manifestation que le Vlaams Belang compte organiser avec l’association « Villes contre l’islamisation » (Steden tegen islamisering) le 11 septembre pour commémorer les victimes des actes de terrorisme commis le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Le chef de file du Vlaams Belang Filip Dewinter a aussitôt annoncé que son parti intenterait, mercredi, une action en référé contre cette décision et qu’il organiserait, quoi qu’il advienne, une manifestation symbolique le 11 septembre. Les organisateurs avaient fait part mardi dernier de leur intention de manifester en un lieu symbolique, puisqu’ils veulent se rendre devant l’immeuble-tour du WTC, boulevard Albert II à Bruxelles.

09 septembre 2008

La Commission Européenne, arbitre du conflit belge?

La Commission soupçonne la Flandre de discrimination

La Commission européenne soupçonne les communes flamandes de Vilvorde, Londerzeel et Grammont de « discrimination déguisée » envers les personnes parlant une autre langue que le néerlandais. Elle a demandé des explications au gouvernement flamand et a décidé d’envoyer une délégation de la Commission contre le racisme et l’intolérance en Flandre, écrit mardi Het Laatste Nieuws. Ce n’est pas la première fois que des communes flamandes de la périphérie bruxelloise sont dans le collimateur de la Commission. Elle avait déjà pointé du doigt Zaventem pour sa politique en matière de vente de terrains communaux. Elle s’intéresse maintenant à Vilvorde qui veut vendre 50 habitations sociales tout en les réservant pour des Flamands, à Londerzeel qui suit l’exemple de Zaventem et à Grammont qui octroie des allocations aux seules personnes qui apprennent le néerlandais.

Pourquoi la Wallonie ne peut se passer de la France en cas de scission

Une scission coûterait aux trois Régions

DIRK VANOVERBEKE

mardi 09 septembre 2008, 07:58

La facture d’un éclatement calculée par Rudy Aernoudt : les trois Régions seraient financièrement perdantes. Mais c’est la Wallonie qui boirait la tasse. Une facture annuelle de 4,9 milliards d’euros : c’est le prix que devrait payer le Sud en cas de partition de l’Etat.

AFP

Rudy Aernoudt, ex-secrétaire général de l’administration flamande, ancien chef de cabinet de ministres wallon, flamand et fédéral de l’Economie, est un auteur prolifique. Il dénonce dans une série d’ouvrages les clichés alignés par les hérauts du séparatisme et a démonté les chiffres avancés dans le Manifeste des patrons flamands pour l’indépendance de la Flandre du groupe « In De Warande ». Il a créé le groupe de réflexion « België Anders/ La Belgique Autrement » avec des personnalités du monde économique et, à ce jour, n’envisage pas de se présenter aux élections. Il vient de calculer la note d’une scission de l’Etat.

La facture annuelle pour la Belgique s’élèverait à 7,2 milliards d’euros (2,3 % du produit intérieur brut, lire tableau). L’ardoise se ventile différemment selon les trois régions. La Flandre perdrait 1,25 milliard par an dans l’aventure, contre 1,06 à Bruxelles. Mais c’est la Wallonie qui, en cas d’autonomie – et sans Bruxelles, donc –, serait la victime la plus lourde de l’éclatement du pays. Selon l’expert flamand, l’économie wallonne connaîtrait un recul équivalent à 6 % de son PNB. Chaque année, son budget serait amputé de 4,89 milliards. Une tuile qui s’explique surtout par le démantèlement des transferts de la Flandre vers le Sud du pays, dans la foulée de la fin du pays.

C’est le premier constat dressé par Rudy Aernoudt : dans un tel scénario, le Wallon perd sa culotte. Plus précisément, a calculé Aernoudt, en fonction de la population des deux plus grandes régions du pays, chaque Wallon perdrait 1.400 euros par an contre 200 euros pour un Flamand. « J’ai calculé que le nombre de Wallons qu’une scission plongera sous le seuil de pauvreté passera de 16 à 27 %. A politique inchangée. Car un tel scénario contraindra les décideurs wallons, pour équilibrer leur budget, à limiter l’octroi des allocations de chômage dans le temps, par exemple. Mais cela, cela relève du politique. Moi, je livre les chiffres », souligne Aernoudt.

Mais si la facture est particulièrement plus élevée au Sud qu’au Nord, chaque Région paiera un tribut, chaque année, pour son indépendance.

Aernoudt a aussi établi un second scénario, aux antipodes du premier, celui du maintien et de la reconstruction d’un Etat fédéral performant, au moins aussi compétitif, économiquement, que ses voisins immédiats. Un Etat qui mette en place des collaborations interrégionales réellement efficaces et qui élimine les chevauchements de compétences. Un Etat qui, aussi, gommerait les énormes disparités entre les taux de chômages régionaux. « Cela veut dire que 100.000 des 200.000 chômeurs wallons devraient, en tout cas, à terme, accepter d’occuper les 150.000 emplois vacants en Flandre. Il n’y a, économiquement, aucune raison qui justifie, dans un si petit pays que le nôtre, de telles divergences régionales en matière d’emploi. »

Ce second scénario permettrait d’épargner, annuellement, grâce à une politique plus efficiente, la bagatelle de 14 milliards d’euros annuels, dont la moitié profiterait à la seule Flandre. Mais la Wallonie, avec 4 milliards générés et Bruxelles, avec 3 milliards, sortiraient elles aussi gagnantes de la mise en place d’un Etat fédéral plus efficient. Et qui, aujourd’hui, ne l’est pas, précise Aernoudt, « parce qu’il préfère l’immobilisme et le statu quo ».

Pour expliquer la hauteur de la facture que paierait chacune des régions devenues autonomes, Aernoudt part de l’hypothèse que la scission du pays mettra automatiquement fin aux transferts Nord-Sud. Elle n’est pas neutre. Selon les chiffres publiés par l’administration flamande du Budget et des Finances (Abafim), la Flandre transfère chaque année 5,4 milliards aux deux autres régions : 4 milliards vers la Wallonie, 1,4 milliard vers Bruxelles. Mais Aernoudt affine ses chiffres à la lumière des corrections apportées de manière unanime, en décembre 2006, par des professeurs d’université francophones et flamands. Ces chiffres, peu commentés à l’époque, se réfèrent au droit international. Ainsi, les revenus des travailleurs sont calculés en fonction du lieu de travail et non de leur domicile. Les salaires des fonctionnaires fédéraux ne sont pas pris en compte et le calcul des recettes en sécurité sociale est revu selon de nouveaux critères. En bout de course, ces corrections font fondre les transferts flamands de 5,4 à 1,6 milliard. Bruxelles devient la vache à lait en transférant 3 milliards vers la Wallonie qui, au total, obtient 4,6 milliards.

Aernoudt se réfère aussi au rapport de l’OCDE pour affirmer que la régionalisation a généré un accroissement de l’effectif de la Fonction publique. L’OCDE estime à 15 % la perte d’efficacité de notre administration à la suite des transferts de compétence.

Aernoudt émet l’hypothèse qu’une scission aggravera le phénomène et augmentera les coûts. Ce qui fait, avec d’autres menus frais (lire ci-contre), grimper la note.

08 septembre 2008

La City Parade de Liège attire plus que le Gordel flamand

Liège comme à la parade

PIERRE MOREL

dimanche 07 septembre 2008, 20:48

PLUS DE 200.000 personnes se sont retrouvées dans les rues de la Cité ardente pour une City Parade sans problème majeur.
Qu'on aime ça ou pas, il faut reconnaître que la City Parade, de retour à Liège ce samedi après trois ans d'absence, a quelque chose de merveilleux. Il fallait se jucher sur un pont, comme bon nombre de badauds l'ont fait tout au long du parcours, pour saisir l'ampleur de l'événement. Parallélisme troublant entre le cours tranquille de la Meuse et le véritable flot humain, clapotant au vent des décibels et des déhanchements frénétiques, qui s'étend à perte de vue sur le quai autour des chars bariolés.

Dès le rassemblement, dans le parc d'Avroy, la foule est impressionnante. Sur les trois scènes installées dans le parc, les DJ chauffent une masse compacte de participants. Il n'y a pas, tant s'en faut, que des jeunes aficionados de la « techno » : on croise des poussettes et des couples de citadins d'âge mûr venus humer l'ambiance. Vu le prix des boissons (deux euros le coca ou la bière), beaucoup sont venus avec leurs propres munitions, et ça boit déjà les alcools forts à même la bouteille, ce qui laisse présager une soirée difficile pour certains. L'heure est également à l'excentricité vestimentaire : crêtes, colorations, résilles et décolletés sont légion, l'attirail « sexy » est de rigueur. Les grands standards, visiblement : le rose et, surtout, le « Stetson » américain. Parrain télévisuel de la manifestation, Plug RTL a d'ailleurs distribué des milliers de ces chapeaux, bleu fluo. Les hélicoptères vrombissent dans le ciel, les files s'allongent déjà devant les toilettes provisoires, les policiers à cheval chargent pour disperser une première échauffourée : chaud !

Le cortège de chars musicaux s'ébroue à 18 heures dans un véritable cataclysme sonore. Les 25 chars sont entourés d'un service d'ordre efficace qui évite que les danseurs ne s'en approchent dangereusement. Juchées sur les baffles, des jeunes filles aguicheuses distribuent flyers, boissons, sifflets et autocollants et motivent la foule des danseurs qui suivent le mouvement. Ça sent la sueur, la marijuana et la bière. On croise un groupe d'étudiants de Lille qui « ne raterait ça pour rien au monde : en Belgique, on fait la fête comme nulle part ! ».

Le long du parcours, les curieux, amusés par le tintamarre chamarré, ont la banane. Un couple de retraités écarquille les yeux. « Ça fait beaucoup trop de bruit, mais mon mari voulait sans doute voir les filles », persifle madame. Scènes habituelles de désolation à l'arrière du cortège : la City parade voulait peut-être « Sauver la planète », son thème 2008, mais les déchets produits n'y contribueront guère. Place du XX Août, les automobilistes imprudents, englués dans des embouteillages monstres, observent le spectacle, penauds et résignés. Un vieux mendiant s'est coiffé d'un Stetson bleu, mais la récolte sera médiocre.

Vers 21 heures, les chars débarquent au parc Astrid où les plus acharnés entament une nuit de danse qui ne fait que commencer. Pour les forces de sécurité, mobilisées en très grand nombre (voir ci-dessous), c'est le moment des premiers bilans. Plus de 200.000 participants, quatre personnes à aller repêcher dans la Meuse, une trentaine d'arrestations, un peu plus de deux cents admissions dans les postes médicaux avancés et vingt-cinq hospitalisations, aucune réellement préoccupante.

Rien de grave : Liège a pu retourner à son train-train. Pour beaucoup, la matinée de dimanche a été grasse.

Dans la roue du ministre-président

DIRK VANOVERBEKE

dimanche 07 septembre 2008, 22:55

LA PROMENADE autour de Bruxelles s’est muée en pétard détrempé. Dans le sillage d’un Kris Peeters qui garde la pêche, les participants au Gordel étaient au nombre de 58.000. Pas un franc succès.

REPORTAGE

7 h 30. La salle Hof ter Meeren de la rue de la Gare, à Zaventem, un des cinq points de départ du Gordel, est réservée aux politiques. La ruche s’organise, le dresscode respecté. Vareuse jaune, short noir, les couleurs de la Flandre s’affichent partout. Il n’y a que les slogans qui changent et barrent les nouveaux tee-shirts. Dehors, la pluie s’est mise à tomber. Drue. Glacée.

Johan Sauwens, l’ex-ministre nationaliste des Communications passé dans les rangs du CD&V qui laissera son nom à la postérité en ayant fait peindre en jaune et noir tous les poteaux de signalisation de Flandre, a conservé le maillot de la dernière édition, barré du slogan « Splits BHV Nu » (« Scindez maintenant »). D’autres, comme Eric Van Rompuy, échevin CD&V de Zaventem, arborent le nouveau « Ik hou van alle Zes » (« Je les aime toutes les six », allusion aux six communes à facilités dont le Gordel entend défendre le caractère flamand). Ambiance bon enfant. Bert Anciaux, autre ex-Volksunie est au rendez-vous, comme Bart De Wever, le président de la N-VA. Le buffet, breughelien, est pris d’assaut. Mouvement de foule, déplacements de caméras : Kris Peeters, ministre-président flamand, fait son entrée. Avec une tenue distinctive : vareuse rouge, short noir. Le temps d’un café et d’une demi-douzaine d’interviews et il enfourche son vélo. Il a choisi le parcours de 25 kilomètres. Il est attendu à 11h30 sur les plateaux de la VRT.

8h30. La pluie a redoublé. Mon K-Way mauve bonbon fait tâche dans la forêt détrempée de drapeaux jaune et noir. En tête du groupe, Peeters place un démarrage. La bordure est immédiate. Au sommet de la côte, il constate les dégâts à l’arrière : « C’est au ministre-président à imprimer le tempo et je veux voir tout le monde en ligne », plaisante-t-il. Puis, après m’avoir permis de revenir à sa hauteur, confie : « Je ne comprends pas la réaction de Didier Reynders dans son interview au Soir, lorsqu’il affirme qu’il ne participera pas aux négociations si Yves Leterme n’en fait pas partie. C’est très étrange. » Le vent fouette les visages, mais le souffle fait défaut : je parviens à lui demander s’il espère que sa proposition permettra de mettre Leterme à l’abri au 16, en lui évitant des élections : « Il faut bien que quelqu’un s’expose. J’attends la réponse des francophones. J’espère qu’elle sera positive. »

9h30. On approche de Cortenberg. Kris Peeters propose une tournée de cafés et de sodas à un poste de ravitaillement. Le groupe a explosé. Eric Van Rompuy me présente Baudouin Baudru. Un Tournaisien. Rallié à la cause flamande, il préside le CD&V de Zaventem et est devenu un des plus ardents défenseurs du splitsing de BHV. « Vous trouvez normal qu’un Wallon de Waterloo ne puisse pas voter pour la Bruxelloise Brigitte Grauwels alors qu’un Flamand de Zaventem peut le faire pour Maingain ? Nous sommes en Flandre. Il est légitime, pour ceux qui s’y établissent, d’y parler la langue… »

10 heures. La pluie tombe encore plus drue. La route est déserte. « Les familles se lancent plus tard sur le Gordel, précise Eric Van Rompuy, qui n’a raté aucune édition ; la première, à Rhode-Saint-Genèse, en 1981. Mais à cause du temps infect, cette édition n’attirera que 58.000 personnes. Près de 20.000 de moins qu’en 2007.

11 heures. Le ministre-président a bouclé son parcours. Sur la Grand-Place de Zaventem, l’extrême droite chauffe ses troupes et raille le cartel flamand, incapable d’avoir respecté sa promesse. Sur les T-shirts jaune et noir des nombreux sympathisants d’extrême droite, on peut lire le vieux slogan du CD&V : « Vijf minuten politieke moed » («Cinq minutes de courage politique»). Accroché par des sympathisants du Belang qui raille l’impuissance des démocrates-chrétiens face aux francophones, Van Rompuy décide de pousser une pointe jusqu’à Wezembeek. Je prends sa roue.

11h30. Les nationalistes flamands de la N-VA ont leur stand à Crainhem, où ils offrent bières et drapeaux. Bart De Wever, entouré de parlementaires, se réjouit de n’avoir capté aucune réaction francophone négative à la décision de Peeters de laisser BHV se dérouler dans l’enceinte parlementaire. Les promeneurs de la N-VA le rejoignent et ont une autre bonne nouvelle à lui annoncer : la Bretelle fait un flop à Woluwe. Eric Van Rompuy poursuit sa route vers Wezembeek. Sur une petite route de campagne, un père et ses filles surcollent les panneaux du Gordel de petits drapeaux rouge-jaune-noir qui scandent : « 3 langues, 1 âme, une Belgique ». Le député flamand s’arrête pour arracher l’outrage. « Pourquoi jouez-vous la provocation ? », s’insurge cet habitant de Crainhem. « Nous sommes en territoire flamand ici », réplique Van Rompuy.

Dans la descente vers Wezembeek, des cyclistes pestent, le boyau crevé à la main. L’un d’eux me désigne le coupable : une punaise. « Il y en a des dizaines qui ont été jetées sur la route, ici. Ils ont déplacé des panneaux cette nuit aussi. Ils nous empêchent de nous déplacer sur notre propre sol. C’est inadmissible. » Quelques jurons. Quelques insultes à l’adresse du FDF. Le vent se remet à souffler de plus belle…

05 septembre 2008

Le gouvernement flamand a préparé ses positions

La note Peeters à son kern : gratinée...

Pierre Gilissen

Mis en ligne le 05/09/2008

Kris Peeters soumet ce vendredi à ses ministres une note sur la réforme de l'Etat. Le ministre-Président flamand (CD&V) n'y va pas avec le dos de la cuiller.

Ce vendredi, pour son premier conseil de la rentrée, le gouvernement flamand parlera négociations communautaires. Cette semaine, Kris Peeters a donné dans la presse (voir ci-dessous) quelques signes d'ouverture, mais la note préparatoire d'une page et demie qu'il a soumise aux membres de son kern jeudi après-midi, et sur laquelle "La Libre" a eu l'occasion de jeter un oeil, semble d'un tout autre acabit. Elle est rédigée en six points :

1 Le principe de l'homogénéité du territoire de la Région flamande est réitéré : refus de toute extension de la Région bruxelloise, de toute modification des lois linguistiques, d'octroi de nouvelles facilités aux francophones, ainsi que d'éventuelles compétences de la Communauté française en Région flamande.

2Le gouvernement flamand met des conditions strictes à la discussion en vue de la réforme de l'Etat. Ce doit être un dialogue de Communauté à Communauté.

3Le dialogue doit être un dialogue paritaire d'Etat fédéré (Kris Peeters utilise le terme néerlandais "deelstaat") à Etat fédéré. Ce sont donc les gouvernements des deux grandes Communautés qui doivent désigner leurs représentants et qui doivent donner à ceux-ci un mandat clair et précis pour négocier la réforme de l'Etat. La note ajoute qu'il est "souhaitable" que les ministres fédéraux des Réformes institutionnelles soient invités à ce dialogue.

4Les partis de la majorité flamande s'engagent à respecter les résultats de ce dialogue et à les faire avaliser par le fédéral. Les partis du gouvernement flamand attendent le même engagement de la part de tous les autres partis qui prennent part à ce dialogue. Par contre, en ce qui concerne BHV, le gouvernement flamand estime, en conformité avec son accord gouvernemental, que la discussion et le vote final doivent avoir lieu au Parlement fédéral.

5Le gouvernement flamand estime que le dialogue de Communauté à Communauté doit définir l'agenda des discussions, et que le but de celles-ci doit être d'arriver à définir un maximum de compétences au niveau des "deelstaten". Le gouvernement flamand veut travailler avec un agenda ouvert et, dans cette optique, souhaite que l'on modifie l'article 195 de la Constitution afin de permettre des modifications de celle-ci sans déclaration de révision préalable. La réforme de l'Etat devra aboutir avant la fin de la législature (régionale, soit avant juin 2009 - NdlR) en cours.

6Tous ceux qui participeront au dialogue de Communauté à Communauté doivent s'engager à maintenir une stricte confidentialité autour des travaux.

Kris Peeters devrait demander encore aujourd'hui à tous les membres de son gouvernement de se mettre d'accord sur ce texte, un texte qui ne diffère guère de l'accord Thyssen/De Wever en sept points, signé au sein du cartel CD&V/N-VA le 31/7 dernier.

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