Wallonie-France

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13 septembre 2008

Charleroi: les grotesques dénégations de Van Cauwenberghe

Enigme autour des preuves de paiement de Van Cau

Belga

Mis en ligne le 12/09/2008

Selon la RTBF et Le Vif L'Express, les preuves de paiement présentées jeudi par Jean-Philippe Mayence, l'avocat de l'homme d'affaires Robert Wagner, sont, actuellement, inconsistantes. Jean-Philippe Mayence, a montré, jeudi, des documents relatifs à des paiements effectués par lui-même et par son ami Jean-Claude Van Cauwenberghe concernant un voyage aux Iles Maldives. Des documents qui prouveraient que Wagner n'a pas offert de voyage à "Van Cau", Me Mayence insistant sur le fait qu'"on veut accréditer des corruptions et des complots qui n'existent pas du tout".

De leur côté, les médias font remarquer qu'il n'y a pas eu de conférence de presse. La RTBF a pu brièvement filmer des listings, sans les tenir en mains. Dans la matinée, ni Jean-Claude Van Cauwenberghe ni son avocat Pierre Chomé n'étaient manifestement au courant de la démarche. En fin de journée, ils ont fini par s'aligner. Les "preuves" en question seraient de simples mouvements de dépenses sur des comptes de la banque ING, effectués par la sprl Van Cauwenberghe-Lemal. N'y apparaîtraient ni destinataire, ni communication. Les extraits précis seront produits plus tard, a déclaré Me Chomé.

Toujours selon les médias, la vérité reconstituée par les avocats du duo Wagner/Van Cau évolue de jour en jour. Le vendredi 5 septembre, lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Van Cauwenberghe avait admis qu'il s'agissait d'un voyage effectué, en mars 2003, avec le couple Wagner. Le voyage avait été réservé "à la fin de 2002 ou au début de 2003", disait-il.

Dans les journaux, le même jour, l'ancien chef du gouvernement wallon avait laissé entendre que la réservation avait effectivement eu lieu dans le courant du mois de décembre. Or, les dépenses ING, présentées jeudi comme des preuves formelles, datent d'août 2002 et janvier 2003. Ce fameux voyage aurait donc été payé quatre mois avant sa réservation.

Enfin il y a cette lettre trouvée au domicile de Van Cauwenberghe, lors de perquisitions menées en juin dernier, une lettre dactylographiée et signée par Robert Wagner qui réclamait à son ami Van Cau le remboursement d'un voyage aux Maldives pour un montant de 17.000 euros.

La lettre remonte à 2005, sur base des affirmations du substitut du procureur du Roi, formel quant à la date reprise dans le procès verbal. La lettre ferait en outre explicitement référence aux affaires politico-financières qui ont débuté en septembre 2005. "Si ce voyage a bien été payé en 2002-2003, quel est le sens de cette lettre de rappel datant de 2005? La justice carolo devrait prochainement clarifier cette énigme", conclut le magazine.



12 septembre 2008

Charleroi: Van Cauwenberghe cherche à se blanchir

Van Cau dit avoir payé son voyage aux Maldives

Rédaction en ligne

jeudi 11 septembre 2008, 14:13

L'ancien bourgmestre de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, affirme pouvoir prouver qu'il a payé lui-même son voyage aux Maldives. Son avocat a présenté des extraits de compte qui en attesteraient.

L'avocat de Jean-Claude Van Cauwenberghe, Me Mayence, a présenté jeudi matin à la presse des extraits de compte tendant à prouver que l'ancien bourgmestre de Charleroi a payé lui-même son voyage aux Maldives, annonce la RTBF.

Les frais de voyage n'auraient donc pas été pris en charge par Robert Wagner, homme d'affaires et ami de l'ancien maïeur.

Selon Me Jean-Philippe Mayence, Robert Wagner aurait payé son voyage de son côté. La lettre qu'il a envoyée à son ami Jean-Claude Van Cauwenberghe, lui réclamant le remboursement de son voyage, résultait en fait d'un courrier de l'agence de voyage, qui réclamait elle-même son dû.

Une polémique était née suite à des perquisitions menées chez Jean-Claude Van Cauwenberghe. Des policiers avaient dénoncé la complaisance, selon eux, de la juge d'instruction Jacqueline De Mol. Les agents avaient fait état d'une lettre de Robert Wagner demandant le remboursement d'un voyage aux Maldives en 2002-2003 et datée de 2005. Le Procureur du Roi avait confirmé que cette lettre existait mais qu'elle n'avait pas été emportée lors de la perquisition.

Van Cau a également reconnu l'existence de la lettre mais indiqué qu'elle datait de 2003, ajoutant qu'elle avait trait à un paiement direct des frais et non pas à un remboursement à son ami Wagner.

(d’après Belga)

05 septembre 2008

Van Cauwenberghe, suite (La libre Belgique)

L'étrange perquisition

Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 05/09/2008

Le 11 juin, visite chez Jean-Claude Van Cauwenberghe : la juge d'instruction a-t-elle ignoré des pièces ? Un rapport de onze pages, écrit par des enquêteurs et qui s'en prend au magistrat. Nouvel imbroglio.

A-t-on vraiment bâclé une perquisition le 11 juin dernier, à Charleroi, alors que la cible en était, en tant que témoin, Jean-Claude Van Cauwenberghe ? C'est ce qu'affirme un rapport établi par des enquêteurs de la police fédérale, visant la perquisition menée ce jour-là au domicile de l'ancien ministre-Président de la Région wallonne. En cause, entre autres éléments, un document que la juge d'instruction Jacqueline De Mol aurait délibérément choisi d'ignorer, affirme ce rapport, certes interne et confidentiel, mais que des fuites ont rendu public, ce qui suscitait hier un remous certain dans les couloirs du palais de justice de Charleroi, et jusqu'au parquet général de Mons.

Le 11 juin, une vague de perquisitions vise Jean-Claude Van Cauwenberghe. Premières du genre, elles concernaient le marché considéré comme suspect du hall des sports de Beaumont, supposé avoir été entaché d'irrégularités : le bourgmestre de Beaumont, Charles Dupuis, aurait été "prié" de choisir, pour sa construction clé sur porte, l'entrepreneur carolo Michel Vandezande, condition sine qua non à l'octroi de subsides accordés par la Région wallonne, alors présidée par Jean-Claude Van Cauwenberghe, proche ami de l'entrepreneur. Charles Dupuis s'en est défendu, tout comme Jean-Claude Van Cauwenberghe, mais l'affaire a été mise à l'instruction chez Jacqueline De Mol. D'où les perquisitions en rafale du 11 juin, à la recherche de documents permettant d'asseoir ces possibles irrégularités. La première d'entre elles, au domicile de Van Cau, n'aurait donc pas, selon ce rapport interne des enquêteurs, été menée avec toute l'ardeur voulue, la juge d'instruction laissant à tout le moins les choses aller, et montrant peu d'intérêt pour des pièces qui l'auraient mérité. Et d'épingler, entre autres, un courrier émanant de l'homme d'affaires Robert Wagner, adressé à Van Cau, et qui réclamait le remboursement de 17000 euros pour un voyage aux Maldives. La pièce, confondante selon ce rapport, aurait été écartée par le magistrat. De même, les enquêteurs se sont dits étonnés du temps laissé à Jean-Claude Van Cauwenberghe avant le début de la perquisition : trente-sept minutes durant lesquelles, seul avec la juge, il aurait laissé les policiers à l'extérieur de sa maison de maître du boulevard Joseph II. Le temps de "parlementer" avec Jacqueline De Mol.Pas de saisie, mais un PVLe même jour, une perquisition était menée au siège des Mutualités socialistes de Charleroi, dont Van Cau est le président, et dans son bureau parlementaire de Namur. Le rapport des enquêteurs, confidentiel et interne, semblait destiné à la seule hiérarchie. Parvenu à la presse, il n'a abouti qu'ensuite dans les mains du procureur du Roi, semble-t-il. Voilà pour la version policière des faits.

Elle est quelque peu différente, au-delà des nuances, selon ce qu'en a dit le procureur du Roi Christian De Valkeneer, et ce qu'en détaille Jean-Claude Van Cauwenberghe lui-même. Les "trente-sept minutes d'attente" ? Le temps de faire entrer la juge, deux représentants du barreau, un représentant des parlements communautaire et wallon, des présences exigées par la procédure en raison des activités professionnelles et politiques de Van Cau. La lettre ? Elle n'a pas été saisie, mais elle a fait, note Christian De Valkeneer, l'objet d'un procès-verbal, et pourrait donner lieu à des suites, dans un dossier ultérieur. Van Cau, lui, évoque un courrier relatif à un voyage d'agrément : à l'occasion des 40 ans de son épouse, ils sont partis, le couple Wagner et le sien, et c'est Robert Wagner qui avait réservé "lui-même ou par une agence à Paris, je ne sais plus..." Il devait donc lui rembourser sa quote-part, ce qu'il a fait, dit-il. En ajoutant que le voyage, le remboursement et sa preuve datent de 2002, bien avant les "affaires"...

04 septembre 2008

Van Cauwenberghe, suite

jeudi 04 septembre 2008, 16:14

Conflit ouvert entre la juge d’instruction Jacqueline Demol et les enquêteurs carolorégiens qui s’inquiètent du déroulement de la perquisition menée en juin chez Van Cauwenberghe, selon la RTBF et le Vif L’Express. Van Cau parle de « machination policière ». La juge d’instruction conserve la confiance de ses supérieurs.

Confiance renouvelée à la juge

Le procureur du Roi de Charleroi Christian De Valkeneer et le président du tribunal de Charleroi Jean-Pol Raynal ont expliqué qu'ils maintenaient et renouvelaient leur confiance dans la juge d'instruction Jacqueline De Mol.

Selon le Procureur du Roi et le Président du tribunal, le magistrat n'a commis aucune erreur, en s'en tenant aux limites de sa saisine et en respectant les règles de procédure.

Jean-Claude Van Cauwenberghe a déclaré qu'une machination policière s'orchestrait contre lui au journaliste de la RTBF ce jeudi matin.

La radio publique a révélé, jeudi matin, détenir un rapport de police adressé au Procureur du Roi de Charleroi faisant état des manquements du juge d'instruction Jacqueline Demol lors des perquisitions menées chez Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Selon la RTBF, Jean-Claude Van Cauwenberghe compte consulter ses conseils ce jeudi suite à la diffusion par la radio publique du rapport des enquêteurs faisant état de manquements des devoirs d'enquête lors des perquisitions menées à son domicile au mois de juin.

Selon la radio publique, l'ancien bourgmestre de Charleroi estime qu'il s'agit d'une machination policière et d'un viol du secret professionnel. Jean-Claude Van Cauwenberghe estime intolérable le fait que des enquêteurs puissent critiquer une juge d'instruction.

Dans le rapport que les enquêteurs ont remis au Procureur du Roi, ceux-ci font mention d'une lettre trouvée derrière la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe et abandonnée sur place par la juge Jacqueline Demol alors que dans cette lettre, Robert Wagner, un homme d'affaires proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe, demanderait le remboursement d'un voyage que Jean-Claude Van Cauwenberghe a effectué aux Maldives et dont le coût est estimé à 17.000 euros.

D'après la radio La Première, l'ancien bourgmestre de Charleroi affirme que s'il a bien réalisé ce voyage, il l'aurait payé de sa poche.

Il conteste donc l'information et l'existence de la lettre. Il confirme, en revanche, la découverte d'un extrait de compte que la juge n'a pas saisi car elle estimait que le document n'avait aucun rapport avec l'enquête sur le marché public passé entre la commune de Beaumont et l'entrepreneur Michel Vandezande. Jean-Claude Van Cauwenberghe s'étonne de la diffusion de ce rapport dans la presse après son dépôt de plainte suite à ces perquisitions.

Enquêteurs éloignés

Ce rapport officiel, interne à la police fédérale de Charleroi et frappé du sceau de la confidentialité explique noir sur blanc le déroulement et l’ambiance particulière des perquisitions, les premières, menées le 11 juin dernier chez Jean-Claude Van Cauwenberghe. outre les deux documents dont il déjà été fait mention, une série d’obstacles sont venus perturber le bon déroulement de la perquisition, ajoute la RTBF. Les enquêteurs travaillaient dans le dossier du marché public passé entre la commune de Beaumont et l’entrepreneur Michel Vandezande. Alors qu’ils se trouvaient devant le domicile de Jean-Claude Van Cauwenberghe, les enquêteurs et la juge d’instruction se voient, dans un premier temps, refuser l’accès à la demeure de l’ancien bourgmestre. La RTBF, qui s’appuie sur un rapport des enquêteurs publié par Le Vif/L’Express, indique que la juge d’instruction parlemente ensuite, seule, dans la maison alors que les enquêteurs doivent patienter 37 minutes à l’extérieur.

Le rapport fait aussi état du va-et-vient de tous les occupants de la maison et des nombreux coups de téléphone. L’épouse de Jean-Claude Van Cauwenberghe aurait invectivé les enquêteurs sans susciter la moindre réaction de la juge d’instruction. Les enquêteurs font aussi état de propos de la juge d’instruction qui aurait avoué à Jean-Claude Van Cauwenberghe que la perquisition était effectuée au mépris des instructions.

Documents ignorés

Les enquêteurs mettront, malgré tout, la main sur une lettre de l’homme d’affaires Robert Wagner, trouvée derrière la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Dans cette missive, l’ami proche de l’ancien bourgmestre de Charleroi, demande le remboursement d’un voyage aux Maldives estimé à 17.000 euros. Selon le rapport, la juge d’instruction, Jacqueline Demol, aurait refusé la saisie de cette lettre et de certains extraits de compte en motivant sa décision car, selon elle, ces documents ne concerneraient pas l’enquête en cours. Le document est donc laissé à sa place.

Les enquêteurs, mécontents du déroulement de l’opération de perquisitions, ont alors décidé de rédiger un rapport de onze pages afin de dénoncer les faits au Procureur du Roi Christian de Valkeneer et France Backeland, la juge d’instruction en charge des dossiers relatifs aux affaires politico-judiciaires carolorégiennes.

(D’après Belga)

Charleroi: Wagner et Van Cauwenberghe, une amitié fructueuse

Charleroi - Une nouvelle "affaire"

Wagner a-t-il "blanchi" de l'argent ?

Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 04/09/2008

Déjà plusieurs fois cité, le financier carolo a été perquisitionné. La Justice s'intéresse à son parcours, du transporteur à l'homme d'affaires.

Robert Wagner commencerait-il à sentir le soufre ? La dernière en date des instructions ouvertes dans ce qu'il est convenu d'appeler les "affaires" le concerne directement, à titre personnel ou en raison des finances qu'il brasse depuis près de vingt ans. Comment est-il passé du stade de patron d'une firme de transports à celui de tête de pont d'une holding cotée en Bourse, via des entreprises qui paraissent avoir bénéficié de quelques solides appuis ? C'est la question que paraît se poser la Justice à Charleroi. Une instruction a été ouverte pour des faits de blanchiment d'argent, sans lien apparent avec les "affaires" déjà en cours, qu'elles soient politiques ou politico-judiciaires, même si la juge Baeckeland s'en charge.

Mardi, les bureaux de la holding Wagner, abrités sous divers panonceaux dans le zoning de l'aéropôle de Gosselies, ont été perquisitionnés, et plusieurs dizaines de cartons emportés, ainsi que des ordinateurs. C'est un nouveau dossier, et une instruction ouverte sur une série de questions. Comment Robert Wagner a-t-il pu passer, en quelques années, du stade de patron d'une firme de transporteurs internationaux, vendue à des Hollandais puis mise en faillite, à celui de magnat de la finance régionale, à la tête d'une holding cotée en Bourse ? Avec quels appuis, et en s'entourant de quels noms ? C'est ce que va tenter d'élucider l'instruction judiciaire.

Le nom de Robert Wagner a, ces dernières années, souvent résonné comme en écho à celui de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Ils se flattent réciproquement d'être des amis, et les réussites de l'un semblent bien s'appuyer sur les pouvoirs de l'autre. Ainsi de "City Nord", cette bande de terrain de Gosselies, promise à des fins industrielles et devenue commerciale par le biais d'une modification du plan de secteur heureuse et rapide. Ainsi de la zone consacrée à l'aéropôle, dont le même Wagner a su détecter l'avenir prometteur, alors que "Van Cau" était président de l'intercommunale qui allait en transformer la vocation. Ainsi, de cette villa acquise à des conditions avantageuses par Jean-Claude Van Cauwenberghe, dans le Midi de la France et non loin de chez Wagner : c'est un fondateur de l'empire Wagner qui la lui a vendue.

Jusque-là, aucune procédure judiciaire n'a entaché ces heureux hasards. En revanche, Robert Wagner a été inculpé de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal relatif à l'octroi de subventions, et corruption active, pour n'avoir pas remboursé les 855 000 € de subventions perçues pour des emplois jamais créés. Il a été renvoyé en correctionnelle. Enfin, en janvier 2007, il a été question de "Warehouse Estates Belgium", cette holding qui gère ses biens immobiliers dans "City Nord", sur l'aéropôle, et au coeur de Charleroi. Une transaction fiscale n'a pas signifié un arrêt de possibles poursuites pénales. Ce "vieux" dossier va-t-il remonter à la surface et relancer le faisceau d'amitiés anciennes et profitables ? On n'en est pas là. Le parquet de Charleroi dit ne viser actuellement que la seule holding Wagner, ses biens et leurs origines. Il n'est pas interdit de penser qu'on puisse pourtant se pencher sur leurs attaches politiques. Une fois de plus, dira-t-on.

Charleroi: la justice protège les suspects

Conflit ouvert entre la juge d’instruction Jacqueline Demol et les enquêteurs carolorégiens qui s’inquiètent du déroulement de la perquisition menée en juin chez Van Cauwenberghe, selon la RTBF et le Vif L’Express. Des documents jugés capitaux par les enquêteurs auraient été laissés sur place.

Un rapport officiel de onze pages rédigé par les enquêteurs, deux jours après les perquisitions menées au domicile et dans différents bureaux de Jean-Claude Van Cauwenberghe, met en cause l’attitude de la juge d’instruction Jacqueline Demol car, notamment, certains documents, jugés essentiels à l’enquête, auraient été volontairement abandonnés sur place.

Un rapport officiel, interne à la police fédérale de Charleroi et frappé du sceau de la confidentialité explique noir sur blanc le déroulement et l’ambiance particulière des perquisitions, les premières, menées le 11 juin dernier chez Jean-Claude Van Cauwenberghe, a précisé La Première sur ses ondes jeudi matin. Des documents, des lettres jugés capitaux par les enquêteurs auraient été laissés sur place.

Robert Wagner, un homme d’affaires proche de l’ancien bourgmestre de Charleroi Jean-Claude Van Cauwenberghe, récemment cité par la presse dans une affaire de blanchiment d’argent, demanderait le remboursement d’un voyage aux Maldives pour un montant de 17.000 euros. Selon la radio publique, le courrier retrouvé derrière une table de nuit et ignoré date de 2005-2006 aux plus forts du début des affaires.

Une série d’obstacles sont venus perturber le bon déroulement de la perquisition, ajoute la RTBF. Les enquêteurs travaillaient dans le dossier du marché public passé entre la commune de Beaumont et l’entrepreneur Michel Vandezande. Alors qu’ils se trouvaient devant le domicile de Jean-Claude Van Cauwenberghe, les enquêteurs et la juge d’instruction se voient, dans un premier temps, refuser l’accès à la demeure de l’ancien bourgmestre. La RTBF, qui s’appuie sur un rapport des enquêteurs publié par Le Vif/L’Express, indique que la juge d’instruction parlemente ensuite, seule, dans la maison alors que les enquêteurs doivent patienter 37 minutes à l’extérieur.

Le rapport fait aussi état du va-et-vient de tous les occupants de la maison et des nombreux coups de téléphone. L’épouse de Jean-Claude Van Cauwenberghe aurait invectivé les enquêteurs sans susciter la moindre réaction de la juge d’instruction. Les enquêteurs font aussi état de propos de la juge d’instruction qui aurait avoué à Jean-Claude Van Cauwenberghe que la perquisition était effectuée au mépris des instructions.

Les enquêteurs mettront, malgré tout, la main sur une lettre de l’homme d’affaires Robert Wagner, trouvée derrière la table de nuit de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Dans cette missive, l’ami proche de l’ancien bourgmestre de Charleroi, demande le remboursement d’un voyage aux Maldives estimé à 17.000 euros. Selon le rapport, la juge d’instruction, Jacqueline Demol, aurait refusé la saisie de cette lettre et de certains extraits de compte en motivant sa décision car, selon elle, ces documents ne concerneraient pas l’enquête en cours. Le document est donc laissé à sa place.

Les enquêteurs, mécontents du déroulement de l’opération de perquisitions, ont alors décidé de rédiger un rapport de onze pages afin de dénoncer les faits au Procureur du Roi Christian de Valkeneer et France Backeland, la juge d’instruction en charge des dossiers relatifs aux affaires politico-judiciaires carolorégiennes.

(D’après Belga)

03 septembre 2008

Affaires de Charleroi: un certain Robert Wagner

Belga

Mis en ligne le 03/09/2008

Le nom de Robert Wagner a encore été cité à l'occasion de l'achat par Jean-Claude Van Cauwenberghe d'une villa aux Issambres, dans le sud de la France. Le vendeur était un des fondateurs du groupe Wagner et le prix de vente avantageux. Cela n'a donné lieu à aucune suite judiciaire.

Le financier Robert Wagner, qui fait l'objet d'une instruction ouverte pour blanchiment d'argent, et dont les bureaux ont été perquisitionnés mardi, a déjà été cité à plusieurs reprises depuis plusieurs mois à Charleroi. Robert Wagner a été inculpé dans un de ces dossiers.

Pendant longtemps, le nom de Robert Wagner a été associé à celui de la société de transports internationaux Ultra Rapide Wagner, déclarée en faillite en juillet 2007. Elle avait occupé jusqu'à 180 camions, mais n'en comptait finalement plus que dix, et une société néerlandaise, De Rooy, en était devenue l'actionnaire majoritaire depuis plusieurs années. Peu à peu, Robert Wagner a transféré ses activités vers celles d'un véritable pôle financier et immobilier.

Au début des années nonante, l'intercommunale de développement régionale Igretec avait décidé d'aménager un site de Gosselies, devenu aujourd'hui l'aéropôle. Peu avant cette transformation et l'importante plus value qui s'en était suivie, Robert Wagner avait acheté les terrains concernés. Jean-Claude Van Cauwenberghe était alors président de l'intercommunale qui avait décidé de cette expansion, et il n'a jamais caché sa proximité avec Robert Wagner. Il n'y a eu aucune suite judiciaire.

Le même Robert Wagner est également le promoteur de "City Nord", un ensemble de petites et moyennes surfaces de Gosselies. Elles ont été implantées sur une bande de terrain originellement réservée à des fins industrielles. Le plan de secteur en a été modifié dans des délais particulièrement rapides, et, a-t-on dit, non sans certains appuis politiques. Là encore, le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe a été cité, mais sans qu'aucune suite judiciaire ne soit apparue.

La gestion des bâtiments construits sur le site de l'aéropôle et ceux de "City Nord" a été confiée à une Sicafi intitulée "Warehouse Estates Belgium". Elle est cotée en Bourse depuis 1998 et Robert Wagner la gère, pour l'essentiel, avec ses enfants.

Le nom de Robert Wagner a encore été cité à l'occasion de l'achat par Jean-Claude Van Cauwenberghe d'une villa aux Issambres, dans le sud de la France. Le vendeur était un des fondateurs du groupe Wagner et le prix de vente avantageux. Cela n'a donné lieu à aucune suite judiciaire.

Robert Wagner avait bénéficié de subventions de la Région wallonne pour créer des emplois dans une de ses sociétés, "Charleroi Découpe". Les emplois n'ont pas été créés, les subventions (855.000 euros) n'avaient pas été remboursées. Robert Wagner a été inculpé en mai 2006 de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal relatif à l'octroi de subventions et corruption active. Un haut fonctionnaire de la Région wallonne a également été inculpé. Robert Wagner a été renvoyé en correctionnelle dans ce dossier. Il a démissionné peu après de la présidence du conseil d'administration du BSCA (aéroport de Charleroi).

En janvier 2007, l'hebdomadaire "Le Vif" avait évoqué des infractions pénales commises au sein de la Société wallonne à portefeuille, une holding dont Robert Wagner était administrateur délégué, et un faux en écriture commis en 2004 pour tromper le fisc. Selon l'hebdomadaire, la justice soupçonnait alors un détournement d'actifs au bénéfice des membres de la famille Wagner. Une transaction avait eu lieu avec le fisc, selon "Le Vif": Robert Wagner aurait accepté de verser au fisc une somme de 7,5 millions d'euros et un taux d'accroissement d'impôts de 200% aurait été appliqué, un accord qui n'aurait n'a pas mis un terme à la procédure pénale.

02 septembre 2008

Comment la commissaire de Charleroi détournait l'argent public

mardi 02 septembre 2008, 09:42

Le dossier à charge de Francine Biot, l’ex-commissaire de Charleroi, serait bien plus lourd que prévu. Les enquêteurs auraient trouvé des éléments la confondant, notamment des travaux effectués à son domicile par Vande Zande et payés par le CPAS de Charleroi.

En fouillant dans les dossiers de l’entrepreneur Michel Vande Zande, placé sous mandat d’arrêt en juin dernier dans le dossier du marché du commissariat de Marcinelle, les enquêteurs ont découvert un système de fraude, rapportent mardi les journaux du groupe Sud-Presse.

Francine Biot avait été privée de liberté et suspendue à la suite de cette affaire.

Une simple perquisition au siège social de la société Vande Zande, a permis aux enquêteurs de découvrir toute la comptabilité occulte. Les enquêteurs auraient trouvé des éléments confondant la commissaire, notamment des travaux effectués à son domicile par Vande Zande et payés par le CPAS de Charleroi. Ils auraient été réalisés via le procédé des « bons malins », des faux bons de commande dont certains politiques carolos abusaient afin de régulariser a posteriori des travaux.

Le duo Biot-Vande Zande aurait oeuvré de la sorte lors de nombreux travaux effectués dans des bâtiments de la police de Charleroi. A l’époque, le président du CPAS carolo était Michel Wilgaut, un proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Un autre proche de ce dernier, l’homme d’affaires Robert Wagner, devrait être entendu par la justice à propos d’un subside européen.

(Belga)

24 août 2008

ICDI : suite (vu par Pan)

La femme masquée à l’ICDI

Il y aurait de quoi susciter une intense rigolade, s’il ne s’agissait de l’ICDI. Après trois heures de débats internes, les gestionnaires de l’intercommunale poubellière carolorégienne ont accouché laborieusement d’un communiqué visant l’apaisement. La curiosité de la chose, c’est qu’elle donne à la fois raison au chef de file MR Philippe Sonnet et aux syndicats, créant ainsi une nouvelle forme de front commun, dans une région qui innove. Le plus drôle, c’est la recommandation faite au directeur général : qu’il fasse observer à sa compagne une attitude plus discrète tant sur le site d’activités de l’intercommunale que lors de missions professionnelles. Bref, si vous voyez, au sortir de l’usine, une femme masquée, le regard dissimulé derrière des lunettes solaires, et qui vient incognito rechercher son bonhomme, c’est la compagne du directeur. À part ça, le ménage va bien ?

Cela dit, Sonnet ne relâche pas la pression, et a envoyé à son « cher Gérard » (entendez Monseux, le président du bidule…) vingt questions auxquelles il entend bien recevoir une réponse rapide. Elles fleurent bon la volonté de bonne gouvernance, comme on dit à Charleroi désormais : il s’interroge sur les conditions d’achat de la BMW de fonction du directeur général, sur l’éventuel marché public passé à cette occasion, sur l’avantage fiscal que cela représente, sur les hôtesses (???) engagées par l’ICDI, sur les travaux effectués à l’ICDI sur la voiture de la compagne du directeur général, et sur le coût des voyages que la même dame a effectués (à quel titre ?) avec lui pour compte de l’ICDI, et autres joyeusetés. À la mi-septembre, le comité de gestion en délibérera, et verra si tout cela était bien justifiable et justifié. Pays de Charleroi, c’est décidément toi que je préfère…

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14 août 2008

Affaires à Charleroi: atermoiements à la wallonne

Simple trêve ou fin de crise à l'ICDI ?

Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 14/08/2008

L'intercommunaledes déchets agitéepar des troubles politiques. Au centre du débat : les conditions d'engagement du directeur et de sa compagne. Les demandes syndicales rejoignent celles de l'échevin libéral.

L'échevin MR de Charleroi Philippe Sonnet avait allumé la mèche, mettant en cause ce qu'il estimait être des errements, à propos de Franz Badard, le directeur général nommé il y a quelques mois. Et d'épingler les avantages liés à sa fonction; sa carte de crédit; des déplacements effectués avec sa compagne, sans qu'elle y ait un titre; les conditions dans lesquelles elle aurait subi un examen d'engagement. Bref, l'échevin de l'Environnement carolorégien évoquait un contexte rappelant furieusement une époque qu'on croyait disparue avec la mort politique de l'ex-échevin de Charleroi, Lucien Cariat, jadis président de l'ICDI dont il s'était aussi bombardé directeur général sans grand souci de l'orthodoxie politico-administrative.

Ces interrogations ont fait grand bruit. Politiquement, parce qu'elles provenaient d'un membre de la tripartite qui conduit Charleroi depuis un an; elles mettaient sur la place publique ce que d'aucuns auraient préféré voir débattre en un huis clos discret. Le personnel de l'ICDI avait aussi réagi, inquiet de voir renaître des pratiques qu'il croyait révolues avec l'arrivée d'une nouvelle culture politique souvent vantée. Dominique Cabiaux, le responsable régional de la CCSP, a réclamé l'annulation de la procédure de recrutement de la responsable informatique, écartant ainsi la compagne du directeur général, soupçonnée d'avoir bénéficié de conditions à tout le moins curieuses. Les organisations syndicales ont aussi demandé la remise à plat des promotions et des recrutements organisés depuis 18 mois, et la redéfinition des modes de recrutements internes ou externes, pour que soient écartés les soupçons de favoritisme. Le tout assorti, faute de réponse favorable, d'une menace de grève de la collecte des immondices. Les syndicats ne réclamaient pas la tête du directeur général, une question qu'ils estimaient davantage politique que sociale. La CCSP émettait cependant une proposition : que le Code d'éthique mis en place pour l'administration communale de Charleroi étende ses compétences à l'ICDI.

"Une présence discrète"

Il a fallu près de trois heures, hier, pour que le Comité de gestion de l'ICDI accouche non sans douleur d'un communiqué unanime. Certains gestionnaires disent regretter le coup d'éclat de Philippe Sonnet; il aurait mieux fait, selon eux, d'évoquer ces problèmes en interne avant de leur donner cette publicité. L'engagement d'un(e) assistant(e) informatique est suspendu, ce qui bloque l'arrivée de la compagne du directeur général. L'évolution barémique de quelques agents sera vérifiée et on réétudiera les procédures d'engagements, ce qui donne à la fois raison à l'échevin MR... et aux responsables syndicaux. Quant à Franz Badard, il lui est "recommandé de faire observer à sa compagne une attitude plus discrète, tant sur les sites d'activité de l'intercommunale que lors de missions professionnelles" : une manière allusive de lui reprocher une omniprésence envahissante lors de manifestations qu'elle n'avait aucun titre à fréquenter. Quant aux griefs reprochés par l'échevin libéral à Franz Badard, Philippe Sonnet recevra "sous peu" une série de pièces. Il en fera rapport au comité de gestion du 17 septembre, qui décidera des suites à y donner. On saura alors s'il y a matière à reproche. D'ores et déjà, le président (PS) de l'ICDI, Gérard Monseux, rappelait prudemment hier que Franz Badard avait été engagé sur base de critères élaborés par l'intercommunale Igretec, alors tutrice de l'ICDI. Quelques instants plus tard, le même président rassurait, par téléphone, le bourgmestre (CDH) Jean-Jacques Viseur, peut-être inquiet des turbulences de sa tripartite.

© La Libre Belgique 2008

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