13 septembre 2008
Du rififi dans la police belge (Libre Belgique)
Le Comité P contre le chef de la police
Roland Planchar
Mis en ligne le 13/09/2008
Rapports défavorables chez les ministres et au Parlement. Le si bon commissaire général est-il soudain devenu mauvais ? Ou alors, déplaît-il ? Et si oui, à qui et pourquoi ?
Que se passe-t-il à la tête de la police fédérale ? Tempête dans un verre d'eau ? Remise au net ? Flamandisation ? Toujours est-il que Fernand Koekelberg, nommé commissaire général en février 2007 dans un concert de louanges, après une sélection pointue et une carrière sans faille alors saluée unanimement, est l'objet d'un tir soutenu dont l'enjeu se joue ces jours-ci.
N°1 et n°2 chez le ministre
Jeudi soir, les ministres de tutelle, Jo Vandeurzen (CD&V) à la Justice et Patrick Dewael (Open VLD) à l'Intérieur, ont reçu trois rapports du Comité P, qui fait figure de "police des polices". Le Premier ministre Yves Leterme a été mis au courant. "La Libre" a même appris que M. Dewael avait convoqué M. Koekelberg ainsi que l'inspecteur général Luc Closset dans son bureau, dès vendredi. Que s'est-il dit ? Mystère mais, lundi, les parlementaires de la commission du suivi pourront à leur tour prendre connaissance des rapports selon la procédure "for your eyes only" - soit sans prendre copie !
"L'un des rapports est assez explosif pour que, si la volonté en existe, on puisse en faire une mauvaise utilisation politique" , nous indique un très proche observateur du dossier. Mais explosif en quoi et contre qui, il ne le dit pas.
En revanche, on sait que deux de ces trois rapports ne sont pas favorables au patron des policiers, le dernier mettant en scène son n°2, l'inspecteur général. Mais il y est aussi question du ministre Dewael lui-même.
De quoi s'agit-il ? On parle d'abord, depuis novembre 2007, du commissionnement temporaire de deux secrétaires du commissariat général (CG) de niveau C, Sylvie R. et Anja S., au niveau A (avec un "plus" d'environ 300 €/mois). Les détracteurs de Koekelberg évoquent une magouille voire, cela a été dit, une "promotion canapé". On reproche aussi à ces dames de la fraude fiscale, en rapport avec l'usage de véhicules de service.
D'un autre côté, on se souvient que la réorganisation de la police, à l'arrivée de Koekelberg, prévoyait la constitution de petits cabinets pour le CG et les trois directeurs généraux, sur base des compétences. Et, de fait, les deux secrétaires travaillaient depuis neuf ans à la satisfaction générale dans le staff du futur "patron" (quand il était chargé de mettre la police intégrée en place) ce qui au passage explique une relative familiarité (sans rien à voir avec le canapé, nous disent des gradés). Qu'elles l'aient suivi au CG a cependant changé leur statut, avec perte d'indemnités. D'où le commissionnement fait par... M. Dewael, sur proposition policière (par analogie avec la fonction publique). Même de bonne foi, ce serait illégal.
Quant à la "fraude fiscale", il est apparu que l'utilisation des autos avait dûment été déclarée en tant qu'avantage en nature par les secrétaires, mais pour 9 chevaux fiscaux au lieu de 10...
A titre subsidiaire, on a aussi relevé, presse et questions parlementaires flamandes confondues, quelques assertions gratuites contre le francophone Koekelberg : son arrivée en hélicoptère dans une cour d'école en partenariat avec la police (il était venu en voiture); des pressions sur le service juridique pour un avis sur la situation (avis inexistant), etc.
Deuxième grief : l'éviction, le 30 juin dernier, de la porte-parole de la police fédérale, Els C. Excellente dans ses relations publiques, connue à l'extérieur pour sa bonne humeur et son efficacité, elle n'aurait pas affiché les mêmes qualités de coeur en interne. Deux membres de son service l'avaient quitté, en août 2007. Et cinq autres (sur six) s'étaient plaints d'un genre de harcèlement au CG, en février 2008. Plus tard, Els C. aurait désigné Sylvie R. à des journalistes (VTM, VRT) de manière peu amène : "Prenez des images, cela pourra toujours servir." Nous n'avons pu la contacter pour connaître sa position, vendredi, mais toujours est-il qu'elle avait été écartée du service. Car ses propos dérangeaient son patron, pour certains.
Insertions barémiques
Le troisième point retenu par le Comité P concerne des "insertions barémiques" trop avantageuses à l'Inspection générale (là, on parle de "bonus" de 1 500 € nets/mois). Le hic, c'est que cela concerne encore M. Dewael, en direct ou non : un des bénéficiaires venait de son cabinet. Et, ailleurs dans la police, deux autres ex-[?]membres de son cabinet auraient été pareillement gâtés. Alors ? Si on s'étonne de l'importance donnée à certaines choses, d'autres pourraient donc avoir des suites, selon ce que le Comité P en a vraiment écrit. "Le ministre Dewael, en porte-à-faux, se préférera au besoin à Koekelberg" , nous dit un observateur averti. Il l'a d'ailleurs déjà laissé tomber dans une précédente réaction. Et s'il lui faut charger un francophone dans l'ère communautaire qui règne... Voilà en tout cas du rififi en vue. A suivre.
12 septembre 2008
La Libre Belgique dévoile comment les Flamands branlent dans le manche
Café du commerce (à la flamande)
Martin Buxant
Mis en ligne le 12/09/2008
Comment le gouvernement flamand se déchire sur la question communautaire. L'axe violet isole le cartel, le CD&V ne tient la N-VA que par un fil... Ambiance.
En voilà un qui, à l'avenir, devrait économiser ses bons mots. Car, rayon "café du commerce" (© Kris Peeters), il apparaît que le gouvernement flamand n'a de leçon à recevoir de personne. Ainsi la réunion "urgente" qu'a tenue l'Exécutif flamand dans la nuit de mercredi à jeudi a-t-elle pris des allures de règlement de comptes flamando-flamand. Récit.
- Place des Martyrs, il est dans les 20 h 30, et le Premier flamand est devant ses ministres. Il veut se lancer dans une petite introduction. Mais, furieux, Frank Vandenbroucke (SP.A) ne lui en laisse pas le temps. "C'est à Geert Bourgeois de s'expliquer !", fulmine-t-il en désignant le ministre N-VA assis autour de la table. Vandenbroucke sait que Kris Peeters est allé faire un tour de piste devant les trois médiateurs, plus tôt dans la journée, et s'est laissé aller à un peu de musculation après avoir reçu un coup de fil de la N-VA. "Pas question, a chanté Kris Peeters, que la négociation se transforme en café du commerce". Ou que les francophones "alignent une équipe B" pour négocier.
- "C'est de ta faute tout ça ! , embraye Dirk Van Mechelen, le second vice-Premier flamand. Et cela doit cesser !", balance le libéral à l'adresse de Geert Bourgeois. Et puis, poursuit-il, "qui a dit que les francophones devaient encore répondre à ces questions ?". C'est que Kris Peeters a posé plusieurs nouvelles demandes aux médiateurs royaux, poussé dans le dos par la N-VA.
- Plusieurs heures durant, Geert Bourgeois est poussé dans ses derniers retranchements par l'axe violet du gouvernement : le SP.A et l'Open VLD. Kris Peeters, lui, se contente de quelques timides interventions pour venir soutenir son collègue de cartel. Les deux autres représentants du CD&V autour de la table (Hilde Crevits et Steven Vanackere) restent muets comme des carpes. Tous deux appartiennent à l'aile ACW du CD&V - une fraction qui ne porte guère les nationalistes flamands dans son coeur.
- Geert Bourgeois encaisse, reste d'un calme étonnant, et enfonce le clou : "le rapport des médiateurs doit correspondre aux revendications du gouvernement flamand", fait-il remarquer à ses collègues qui bondissent au plafond devant tant d'intransigeance.
- Une heure du matin, la réunion prend fin, Bourgeois rejoint son cabinet où l'attendent les cadres de la N-VA. Débriefing.
La scission entre libéraux et socialistes d'une part, et cartel CD&V/N-VA d'autre part est consommée. L'Open VLD a changé de direction et insiste pour que les avancées communautaires soient réalisées après les élections. "Ils savent très bien, résume un responsable du cartel, qu'ils ne peuvent pas gagner les élections sur le communautaire". Le SP.A emboîte le pas au VLD.
Quant au CD&V, il est (toujours) divisé entre une fraction désireuse de suivre la N-VA (dont Kris Peeters). Et les fidèles d'Yves Leterme, qui n'ont pas l'intention de quitter le navire fédéral pour cause d'insuffisance communautaire.
Ajoutez à cela que Groen! exige de participer aux négociations institutionnelles à venir... Tiens, M. Peeters, comment dites-vous "café du commerce" en Néerlandais ? Ah oui : "praatbarak".
11 septembre 2008
Le bateau des négociations tangue avant même d'avoir largué les amarres
Zizanie autour de Kris Peeters
DAVID COPPI ET MARTINE DUBUISSON
jeudi 11 septembre 2008, 07:05
Réunion extraordinaire mercredi soir au gouvernement flamand. On y a « éclairci » les choses et confirmé l’accord conclu vendredi passé à propos du dialogue interinstitutionnel selon lequel il appartient à chaque communauté de former une délégation. Kris Peeters, accusé de jouer cavalier seul, a été rappelé à l’ordre.
Une réunion pour « éclaircir » les choses
Le gouvernement flamand a confirmé, peu avant 1h, après une réunion extraordinaire, l’accord qu’il a conclu vendredi passé à propos du dialogue interinstitutionnel. Cet accord implique qu’il appartient à chaque communauté de former une délégation « crédible » qui participera à ce dialogue, indique un communiqué distribué à l’issue de la réunion.
Le gouvernement flamand attend maintenant les propositions des médiateurs royaux relatives à ce dialogue. Il les examinera en son sein, à l’aune de cet accord. En attendant, les ministres flamands ont convenu de s’abstenir de tout commentaire tant que leur exécutif ne se sera pas prononcé.
A l’issue de la réunion, seul M. Peeters s’est présenté devant la presse et s’est contenté de répéter ce qui se trouvait dans le communiqué.
Il n’a guère fait de commentaire, sinon qu’il ne s’estimait pas rappelé à l’ordre. « Il fallait éclaircir un certain nombre de choses et c’est ce qui s’est passé », a-t-il dit.
Belga
Mardi, l’optimisme régnait chez les médiateurs, chargés d’un rapport au Roi sur le futur dialogue institutionnel : les négociations semblaient enfin pouvoir démarrer. Mercredi, le pessimisme était de retour… La méfiance s’est réinstallée. Entre le Nord et le Sud, mais aussi dans chaque camp. Débouchant, dans les rangs flamands, sur une réunion de crise du gouvernement régional. Vers 22 heures, Kris Peeters a réuni ses partenaires de majorité, VLD, SP.a et N-VA, pour tenter de ressouder les rangs. A minuit passé, la réunion était toujours en cours.
A l’origine de cette rencontre impromptue, les déclarations du ministre-président flamand CD&V, après sa rencontre avec les médiateurs. Kris Peeters, pourtant adepte de la confidentialité, se confie aux journalistes ; il leur dit avoir insisté « sur la nécessité d’envoyer des délégations crédibles » au dialogue institutionnel. En d’autres termes, il craint que les francophones envoient des seconds couteaux. Une façon de ralentir les négociations… Voilà pourquoi Peeters se dit inquiet, redoutant que le processus ne tourne « aux conversations de comptoir », auxquelles il n’entend pas participer. Il veut donc des assurances. Des garanties, comme en réclamait la veille son alliée en cartel, la N-VA ?
Toujours est-il que ces déclarations, de la part de celui qui emmènera la délégation flamande au grand round communautaire, suscitent l’énervement de ses partenaires de majorité. Frank Vandenbroucke (SP.A) et Dirk Van Mechelen (Open VLD) exigent une réunion immédiate du gouvernement, estimant que Peeters a joué cavalier seul : « Le point de vue exprimé par Kris Peeters n’a pas fait l’objet d’une concertation ». Ils veulent donc (re) définir « une position commune ». A son arrivée, Van Mechelen déclare d’ailleurs : « Vendredi, nous avons pris une position claire. Nous avions convenu que nous entamions le dialogue sur une page blanche, avec un agenda ouvert, et, aujourd’hui, je lis et j’entends des choses sur des garanties qui ne figurent pas dans notre déclaration. Ce n’est pas sérieux. » Le remplaçant de Leterme à la tête du débat communautaire déjà rappelé à l’ordre, ça part mal…
Côté francophone, la confiance à l’égard du Nord ne règne pas non plus. Il se murmure que les noms des négociateurs ne seraient rendus publics qu’après les congrès « à risque » de la N-VA du 21 septembre, et du CD&V, le 27. Motif ? Eviter d’offrir des arguments aux fauteurs de crise au Nord… A part ça, les plus cités sont : Moureaux pour le PS, Cheron à Ecolo, De Decker ou Maingain au MR, Antoine ou Milquet au CDH.
Et entre francophones, ce n’est pas non plus le beau fixe… Ainsi, mardi, relations-nous la saute d’humeur de Raymond Langendries, au Sénat, devant les présidents francophones. Mini-polémique avec Joëlle Milquet ? Irritation à l’égard de certains traits d’ironie des présidents de parti vis-à-vis de la fonction de médiateur ? Une source soutient la première version. « Pure intox… », juge-t-on ailleurs. Et la confiance dans tout ça ?
Les médiateurs, eux, vont s’atteler à la rédaction de leur rapport définitif, qu’ils espèrent boucler en début de semaine prochaine.
10 septembre 2008
Le début des négociations vu par Le Soir
Flamands et francophones tout près de négocier
Rédaction en ligne
mercredi 10 septembre 2008, 10:47
Francophones et flamands sont disposés à discuter de tout, sans dates butoirs, sans dicter le casting des négociations (huit à table ?). Les médiateurs royaux avancent, engrangent.
Les Francophones : Le stress de la page blanche
Dure la vie ? Après s'être retrouvés à l'Hôtel des finances, à Bruxelles, à l'invitation de Didier Reynders, mardi vers 11h30, les quatre présidents francophones ont rejoint les trois médiateurs royaux au Sénat, à 13h, autour d'une table dressée par l'ancienne cuisinière de Guy Verhofstadt, Maria, réputée, qui a ravi les convives au Palais de la nation… On vous passe les louanges, sinon celle d'Elio Di Rupo, transalpin, fin connaisseur : « Ah ce cabillaud à l'italienne… Exquis ! » –, pas le commentaire politique, partagé par tous, et soumis par Didier Reynders pour le coup : « Quand vous êtes à une table comme celle-là, l'harmonie vient naturellement… » Car – petit stress – la table a tremblé un instant, lorsque Raymond Langendries, médiateur CDH, a « menacé » de se lever, estimant que la « position » francophone exposée devant lui par les présidents manquait de clarté, en l'occurrence celle de… Joëlle Milquet !, sa présidente.
Anecdotique, mais pas tout à fait. Pour comprendre…
Les quatre présidents francophones ont, comme prévu, transmis hier aux médiateurs leur réponse à l'« offre » de dialogue formulée quelques jours plus tôt par Kris Peeters, le ministre-président flamand. Elle tient en trois points : 1. ils sont disponibles pour des discussions « sérieuses » ; 2. ils suggèrent que les négociateurs aient le loisir de discuter de tout : « Partons d'une page blanche ! » ; 3. ils souhaitent que les délégations respectives soient composées de quatre personnalités : un représentant par parti pour ce qui les concerne, probablement face à quatre membres du gouvernement flamand.
De la part des francophones, une ouverture au grand-angle : les mêmes sont « demandeurs de rien », ne l'oublions pas. Une ouverture qui a « fait débat », comme on dit. Certains hier se demandant s'il ne fallait pas tout de même poser quelques balises, et les coucher sur papier, comme on l'a fait au Nord dans la fameuse « note Peeters » de vendredi dernier, en réaffirmant à son tour quelques bonnes grosses revendications de base, comme celle d'élargir Bruxelles, ou de préserver la solidarité interpersonnelle, qui garantit le maintien de la sécurité sociale fédérale.
Les quatre présidents francophones ont hésité, un peu, tranché, pris leur décision en caucus à quatre le matin, avant que Joëlle Milquet ne rouvre inopinément la discussion lors du déjeuner avec les médiateurs ; d'où la saute d'humeur de Raymond Langendries, en quête d'un message clair à transmettre aux Flamands. Et qui l'obtiendra. Tout rentrera dans l'ordre : les présidents communiqueront unanimes devant les médias, dans le péristyle au parlement, à 15 heures.
Conclusion : certes, on sort, dans la forme, du fameux « dialogue de communauté à communauté » tel que l'avait exigé dans un premier temps le ministre-président flamand (qui voyait un face-à-face Peeters-Demotte, évacuant Bruxelles), mais les francophones font du chemin eux aussi, renonçant à poser quelque prérequis.
Ce n'est que sagesse ? Les partis flamands n'ont plus aucune raison de compliquer la tâche. Surtout : Leterme Ier peut s'apprêter à gouverner librement, à transférer le fardeau communautaire, pour un temps, à d'autres épaules. Celles des huit (4/4), douze, seize, vingt-deux négociateurs : la première formule est celle des francophones, mais le jeu reste ouvert, et là non plus, ils n'en feront pas une maladie.
François-Xavier de Donnea, Raymond Langendries et Karl-Heinz-Lambertz se rendront bientôt chez le Roi – jeudi en huit ? – pour lui soumettre leur rapport, livrer le casting des négociations (on cite Philippe Moureaux, Marcel Cheron…), et le calendrier : elles devraient débuter avant le 14 octobre et le discours de rentrée d'Yves Leterme au parlement.
L'été aurait-il eu des vertus apaisantes ? Une chose est sûre : le ton, au nord du pays, a changé. Plus d'ultimatum, ni de menace, ni de refus de soutenir un gouvernement qui ne réforme pas l'Etat ou ne scinde pas Bruxelles-Hal-Vilvorde. Depuis vendredi, et l'offre institutionnelle du gouvernement Peeters, les responsables flamands parlent de « main tendue », de « modération ». Leurs ambitions n'ont pas changé, mais ils s'y prennent autrement pour les réaliser…
C'est ce que le numéro deux du gouvernement flamand, Frank Vandenbroucke (SP.A), expliquait hier sur Matin Première : « Si on veut sortir de l'impasse, il faut du temps, partir d'une page blanche, sans ukases ni échéanciers. » Le « tout, tout de suite » n'est donc plus de mise. Ni l'imposition du menu de négociation. Ni même la scission rapide de BHV. « Impossible à régler avant les élections régionales », concède-t-il (voir l'infographie).
Qu'en pense le cartel CD&V/N-VA, à la pointe du combat institutionnel et qui a refusé plus d'un compromis ? Là aussi, le ton a changé… Après les ultimatums du 20 mars, 15 juillet, 31 juillet…, la N-VA s'affiche aux côtés du CD&V, de l'OpenVLD et du SP.A au sein du gouvernement flamand, pour tenter de relancer le dialogue institutionnel. Sans exiger préalablement d'agenda (serré), de menu (chargé), ou de liste d'invités (exclusivement venus des Communautés). Et c'est tout le cartel qui s'en trouve apaisé.
Comment l'expliquer ? Citons cinq éléments clés.
- Comme le dit un CD&V : « le temps a fait son œuvre ». Epuisés par des pourparlers sans fin depuis un an, les négociateurs avaient besoin de vacances. De sérénité. Les arguments des réalos ont enfin convaincu des fundis.
- A plusieurs reprises, la N-VA a menacé l'alliance avec le CD&V d'implosion. Désormais, elle a choisi l'option inverse : « Elle ne veut pas quitter le cartel », nous dit-on. Soulagement au CD&V : « On a l'impression d'avoir évité la grande crise. »
- Selon un autre CD&V, les partis flamands « veulent vraiment s'asseoir à la table de négociation. Ils essaient donc de créer un climat permettant à chacun d'y venir. » Mais que l'on ne s'y trompe pas : « Quand les discussions commenceront, il faudra vite du concret, car cela ne sera plus possible quand la campagne électorale battra son plein. » Autrement dit : des avancées seront nécessaires avant le scrutin régional. La N-VA ne disait pas autre chose hier soir.
- Kris Peeters a pris le relais d'Yves Leterme à la tête de la négociation : côté flamand, cela change la donne… Car comme l'a révélé la Gazet van Antwerpen, Leterme a perdu la confiance de nombreux N-VA. « Peeters inspire davantage confiance », nous dit-on. « Le fait qu'il mène la danse a été déterminant. Il a manœuvré pratiquement seul, au sein du gouvernement flamand, avec Geert Bourgeois (N-VA). »
- Que le gouvernement flamand mène la négociation avec les francophones a achevé de rassurer la N-VA. Donc le cartel. Ce sera, en partie au moins, un dialogue de Communautés – même si le Sud aura une autre délégation.
On le voit, le cartel accepte désormais ce qu'il a refusé pendant des mois : la tenue du débat institutionnel hors gouvernement (l'Orange bleue est morte sur ce point en novembre) ; un dialogue pas nécessairement présidé par les ministres-présidents F et N (Leterme a démissionné mi-juillet pour cela) ; l'absence de date butoir pour la « grande réforme » (des compromis ont été sacrifiés en son nom). Mardi, les présidents CD&V, VLD et SP.A, reçus par les médiateurs (avant une nouvelle visite, ce mercredi, du numéro un flamand, Kris Peeters), se montraient d'ailleurs globalement satisfaits de la réponse francophone à leur offre de négociation.
Le calendrier belge 2008/2009 selon Le Soir
mercredi 10 septembre 2008, 12:13
Le calendrier probable d'ici aux �lections r�gionales
Le 9 mai. Le parlement francophone bruxellois (Cocof) prend le relais du parlement de la Communaut� fran�aise pour initier une proc�dure de conflit d'int�r�ts contre la proposition de loi de scission de BHV, vot�e en commission de l'Int�rieur de la Chambre par l'ensemble des partis flamands (except� l'abstention de Groen), contre la volont� de tous les partis francophones. La proc�dure parlementaire est suspendue pour 120 jours. Cocof et Chambre ont 60 jours pour se concerter et tenter de trouver une solution .
Le 3 juillet. La concertation Cocof/Chambre �choue. Le S�nat est saisi du litige. Il dispose de 30 jours pour rendre un avis motiv� au comit� de concertation Etat/R�gions qui regroupe des repr�sentants de tous les gouvernements du pays.
Le 23 juillet. Les vacances parlementaires suspendent la proc�dure de conflit d'int�r�ts jusqu'au 14 octobre.
Le 14 octobre. Le S�nat peut reprendre ses travaux. Le litige est trait� par la Commission des Affaires institutionnelles.
Le 27 octobre. Les vacances de Toussaint suspendent la proc�dure de conflit d'int�r�ts jusqu'au 3 novembre.
Le 3 novembre. Le S�nat doit rendre son avis motiv� au comit� de concertation. Celui-ci dispose �galement de 30 jours pour trancher le litige au consensus.
Le 3 d�cembre. La proc�dure parlementaire de vote de la proposition de loi pourrait reprendre son cours, � d�faut de consensus d�gag� par le comit� de concertation.
Le 4 d�cembre. S�ance � haut risque � la Chambre ? A moins que la R�gion wallonne ou la Communaut� germanophone, voire la R�gion bruxelloise, n'enclenche � son tour une proc�dure de conflit d'int�r�ts qui suspendrait � nouveau la proc�dure parlementaire de 120 jours (vacances exclues�)
Le 7 avril 2009. D�but officiel de la campagne �lectorale pour les �lections r�gionales et europ�ennes.
Le 28 avril 2009. Cette troissi�me proc�dure de conflit d'int�r�ts, enclench�e par la R�gion wallonne ou la Communaut� germanophone, arriverait � son terme. Permettant � nouveau � la proc�dure parlementaire de reprendre son cours � la Chambre.
Le 30 avril 2009. S�ance � haut risque � la Chambre ? A moins que la R�gion wallonne ou la Communaut� germanophone n'ait enclench� � son tour une proc�dure de conflits d'int�r�ts qui suspendrait � nouveau la proc�dure parlementaire pendant 120 jours (vacances exclues�)
Le 7 juin 2009. Elections r�gionales
La diplomatie belge en danger?
Peu de chance de devenir diplomate
mardi 09.09.2008, 13:36
Le Selor va organiser un nouvel examen pour trouver des diplomates. Les candidats peuvent s’inscrire depuis le 5 septembre et jusqu’au 29 septembre prochain. Bien que le Bureau de sélection de l’administration fédérale reçoive à chaque fois de nombreuses inscriptions, près de 2.000 l’an dernier, peu de candidats réussissent toutefois les épreuves de sélection, à peine 50 en 2007. Selon le Selor les faibles chances de réussite s’expliquent par la qualité des candidats, qui est trop faible par rapport au degré de difficulté élevé de la procédure, et par les connaissances linguistiques des candidats-diplomates.
Les négociations communautaires vont s'ouvrir
La position francophone bien reçue côté flamand
mardi 09.09.2008, 18:00
Le CD&V et l’Open Vld ont bien accueilli la position francophone relative au dialogue interinstitutionnel. Ils attendent maintenant que les discussions sur le fond puissent commencer, ont-ils indiqué avant d’être reçus par les médiateurs royaux. « Ma réaction est positive mais j’espère surtout que l’on va pouvoir parler du contenu le plus vite possible », a souligné le président de l’Open Vld, Bart Somers, avant d’indiquer qu’il fallait franchir des étapes dans ce dialogue institutionnel avant les élections de 2009. La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, s’est aussi dit satisfaite de la position des francophones. « Je suis contente de ces signaux positifs. Lundi, ça allait autrement mais, apparemment, ils ont pu s’accorder. Il y a une chance d’avoir un dialogue crédible mais il faut maintenant qu’il commence. », a-t-elle affirmé. Mme Thyssen considère elle aussi que les négociations doivent s’ouvrir sur une page blanche. La présidente du sp.a, Caroline Gennez, a quant à elle, évité la presse et est entrée par une autre porte au Sénat, où reçoivent les médiateurs
09 septembre 2008
Pourquoi la Wallonie ne peut se passer de la France en cas de scission
Une scission coûterait aux trois Régions
DIRK VANOVERBEKE
mardi 09 septembre 2008, 07:58
La facture d’un éclatement calculée par Rudy Aernoudt : les trois Régions seraient financièrement perdantes. Mais c’est la Wallonie qui boirait la tasse. Une facture annuelle de 4,9 milliards d’euros : c’est le prix que devrait payer le Sud en cas de partition de l’Etat.
AFP
Rudy Aernoudt, ex-secrétaire général de l’administration flamande, ancien chef de cabinet de ministres wallon, flamand et fédéral de l’Economie, est un auteur prolifique. Il dénonce dans une série d’ouvrages les clichés alignés par les hérauts du séparatisme et a démonté les chiffres avancés dans le Manifeste des patrons flamands pour l’indépendance de la Flandre du groupe « In De Warande ». Il a créé le groupe de réflexion « België Anders/ La Belgique Autrement » avec des personnalités du monde économique et, à ce jour, n’envisage pas de se présenter aux élections. Il vient de calculer la note d’une scission de l’Etat.
La facture annuelle pour la Belgique s’élèverait à 7,2 milliards d’euros (2,3 % du produit intérieur brut, lire tableau). L’ardoise se ventile différemment selon les trois régions. La Flandre perdrait 1,25 milliard par an dans l’aventure, contre 1,06 à Bruxelles. Mais c’est la Wallonie qui, en cas d’autonomie – et sans Bruxelles, donc –, serait la victime la plus lourde de l’éclatement du pays. Selon l’expert flamand, l’économie wallonne connaîtrait un recul équivalent à 6 % de son PNB. Chaque année, son budget serait amputé de 4,89 milliards. Une tuile qui s’explique surtout par le démantèlement des transferts de la Flandre vers le Sud du pays, dans la foulée de la fin du pays.
C’est le premier constat dressé par Rudy Aernoudt : dans un tel scénario, le Wallon perd sa culotte. Plus précisément, a calculé Aernoudt, en fonction de la population des deux plus grandes régions du pays, chaque Wallon perdrait 1.400 euros par an contre 200 euros pour un Flamand. « J’ai calculé que le nombre de Wallons qu’une scission plongera sous le seuil de pauvreté passera de 16 à 27 %. A politique inchangée. Car un tel scénario contraindra les décideurs wallons, pour équilibrer leur budget, à limiter l’octroi des allocations de chômage dans le temps, par exemple. Mais cela, cela relève du politique. Moi, je livre les chiffres », souligne Aernoudt.
Mais si la facture est particulièrement plus élevée au Sud qu’au Nord, chaque Région paiera un tribut, chaque année, pour son indépendance.
Aernoudt a aussi établi un second scénario, aux antipodes du premier, celui du maintien et de la reconstruction d’un Etat fédéral performant, au moins aussi compétitif, économiquement, que ses voisins immédiats. Un Etat qui mette en place des collaborations interrégionales réellement efficaces et qui élimine les chevauchements de compétences. Un Etat qui, aussi, gommerait les énormes disparités entre les taux de chômages régionaux. « Cela veut dire que 100.000 des 200.000 chômeurs wallons devraient, en tout cas, à terme, accepter d’occuper les 150.000 emplois vacants en Flandre. Il n’y a, économiquement, aucune raison qui justifie, dans un si petit pays que le nôtre, de telles divergences régionales en matière d’emploi. »
Ce second scénario permettrait d’épargner, annuellement, grâce à une politique plus efficiente, la bagatelle de 14 milliards d’euros annuels, dont la moitié profiterait à la seule Flandre. Mais la Wallonie, avec 4 milliards générés et Bruxelles, avec 3 milliards, sortiraient elles aussi gagnantes de la mise en place d’un Etat fédéral plus efficient. Et qui, aujourd’hui, ne l’est pas, précise Aernoudt, « parce qu’il préfère l’immobilisme et le statu quo ».
Pour expliquer la hauteur de la facture que paierait chacune des régions devenues autonomes, Aernoudt part de l’hypothèse que la scission du pays mettra automatiquement fin aux transferts Nord-Sud. Elle n’est pas neutre. Selon les chiffres publiés par l’administration flamande du Budget et des Finances (Abafim), la Flandre transfère chaque année 5,4 milliards aux deux autres régions : 4 milliards vers la Wallonie, 1,4 milliard vers Bruxelles. Mais Aernoudt affine ses chiffres à la lumière des corrections apportées de manière unanime, en décembre 2006, par des professeurs d’université francophones et flamands. Ces chiffres, peu commentés à l’époque, se réfèrent au droit international. Ainsi, les revenus des travailleurs sont calculés en fonction du lieu de travail et non de leur domicile. Les salaires des fonctionnaires fédéraux ne sont pas pris en compte et le calcul des recettes en sécurité sociale est revu selon de nouveaux critères. En bout de course, ces corrections font fondre les transferts flamands de 5,4 à 1,6 milliard. Bruxelles devient la vache à lait en transférant 3 milliards vers la Wallonie qui, au total, obtient 4,6 milliards.
Aernoudt se réfère aussi au rapport de l’OCDE pour affirmer que la régionalisation a généré un accroissement de l’effectif de la Fonction publique. L’OCDE estime à 15 % la perte d’efficacité de notre administration à la suite des transferts de compétence.
Aernoudt émet l’hypothèse qu’une scission aggravera le phénomène et augmentera les coûts. Ce qui fait, avec d’autres menus frais (lire ci-contre), grimper la note.
Les francophones préparent-ils des élections anticipées?
Elio Di Rupo, Didier Reynders : chassé-croisé
DAVID COPPI ET MARTINE DUBUISSON
mardi 09 septembre 2008, 07:09
Boulevard de l’Empereur, lundi, 11 h 45, fin du bureau du PS, Elio Di Rupo réplique à Didier Reynders (et à ses propos du week-end), sans le nommer. Avenue de la Toison d’Or, 12 h 45, fin du bureau du MR, Didier Reynders poursuit son offensive, tout en se défendant de s’en prendre particulièrement au PS…
1Comment va la Wallonie ? Pour Reynders : mal. Pour Di Rupo : beaucoup mieux.
Toujours dans le ton de son interview au Soir samedi, le président du MR ne s’en cache pas : « Nous n’allons pas nous fondre dans une espèce de consensus qui voudrait faire croire que tout va bien ! » Certes, concède Reynders, « il y a depuis longtemps beaucoup de réussites en Wallonie. » Mais « il faut réduire les écarts entre sous-régions du Sud, Bruxelles et le Nord ». Et « remettre à l’avant-plan le goût de l’effort, de l’excellence et les capacités de développer des talents ».
Et de citer en exemple la réussite du Brabant wallon, qu’il voudrait étendre au reste de la Wallonie. Grâce à cette clef de la réussite qu’est « l’ancrage de la Wallonie et de Bruxelles ». Or, « il n’y a pas un mot sur Bruxelles dans le plan Marshall ».
Le président du PS recadre. La Wallonie ? « Un redressement spectaculaire ! La région est entrée dans le “top 5” du Financial Times, où l’on ne trouve pas forcément des conseillers des partis socialistes ! » Le plan Marshall ? « Le nom n’est pas de nous, un journal flamand l’a baptisé comme ça, rien à voir avec l’aide extérieure ou l’assistance (dixit Reynders, NDLR), c’est un plan qui produit des résultats remarquables, la Wallonie avance à la vitesse de la lumière. » Les indicateurs : « En 2007, le chômage a diminué de 8 %, 70 sociétés étrangères ont élu domicile chez nous, le nombre de jours de grève s’est élevé à 27.000 contre 70.000 au Nord. » Donc : « Il est temps de sortir des clichés sur la Wallonie, en Flandre comme chez nous, d’évoluer. » Morale de l’histoire : « Il faut savoir aimer sa région, en être fier. »
2 La campagne électorale 2009 a-t-elle débuté ? Didier Reynders le dit sans ambages : « Oui, elle est lancée ! » Et si son discours sur le mal wallon ne plaît pas à certains dirigeants, « ce n’est pas grave. La Région, ce n’est pas une personne, ni un parti. Le débat portera sur un changement profond de politique. » En Wallonie comme en Communauté française, le MR mènera pleinement son « rôle d’opposition ». Annonçant ses lignes de front : enseignement, gouvernance, urbanisme, sport…
Elio Di Rupo a-t-il le sentiment lui aussi d’être entré en campagne ? Non, mais oui. « Nous serions tous bien inspirés si la campagne pouvait être intense dans les deux ou trois derniers mois avant les élections de juin 2009. Jusque-là, il importe de gouverner avec le sérieux qui s’impose. » Autre version : « Ce serait bien que la campagne réelle débute autour de Pâques. » Entre l’« intense » et la « réelle », la campagne tout court a débuté.
3 Et les négociations communautaires ? Pour l’heure, Didier Reynders s’intéresse au plan de table. Et relève deux éléments positifs dans la nouvelle position du gouvernement flamand : il accepte la présence de représentants bruxellois ; et « il vient à table sans calendrier ni échéancier ». Pour les convives francophones, outre la représentation de chaque niveau de pouvoir, Reynders exige celle des « différents partis en fonction de leur poids » – lui n’est pas candidat. Car : « Le MR ne se sent pas représenté par les gouvernements de la Communauté française ou de la Région wallonne. »
Elio Di Rupo la joue « au-dessus de la mêlée ». Florilège : « Surtout, pas d’invectives », « Ayons la volonté d’aboutir », « Soyons constructifs », « Respectons-nous ». Concrètement : les francophones désigneront ensemble leur délégation ; tous les partis seront à la table ; l’important est de participer à ces négociations qui permettront à Leterme Ier d’agir, lui, sur le socio-économique.
Le chômage baisserait en Wallonie
Le chômage a atteint le seuil des 15 % en Wallonie
Rédaction en ligne
lundi 08 septembre 2008, 21:23
Le taux de chômage a atteint le seuil symbolique des 15 % en Wallonie au mois d’août, selon les données fournies ce lundi par le Forem. En août 2007, cet indicateur était de 15,9 %.
La région wallonne comptait fin août, 228.703 personnes au chômage, ce qui représente 15 % de la population active. En détails, il y avait, 209.091 demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations (dont 2.168 en Communauté germanophone) et 19.612 jeunes en stage d’attente (dont 360 en Communauté germanophone).
Le nombre de demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations et de jeunes en stage d’attente a diminué de 5,9 %, soit 14.259 personnes en moins, par rapport à la même période en 2007. Il y avait 55 % de femmes, et 24 % de personnes âgées de moins de 25 ans, selon les chiffres fournis par le Forem.